Prise de sang, perfusion : qui a le droit de le faire en clinique ?

par Olivier Jacqueline Olivier Jacqueline · Animal Place · 26 septembre 2026

Prise de sang, perfusion : qui a le droit de le faire en clinique ?

Depuis fin juillet 2026, un décret et un arrêté disent qui peut vous faire une prise de sang ou poser une perfusion sans être vétérinaire, et ce que vous pouvez demander avant d'accepter.

Pourquoi lire cet article ?

  • ✓ Ce que deux textes publiés fin juillet 2026 changent réellement pour un acte comme une prise de sang ou une perfusion
  • ✓ Les trois conditions qui doivent être réunies pour qu'un acte soit confié à un auxiliaire, et comment les vérifier
  • ✓ Pourquoi cette délégation ne retire rien à la responsabilité du vétérinaire
  • ✓ Comment poser la question à l'équipe sans mettre qui que ce soit en cause

Délégation d'actes : ce que deux textes viennent fixer

Vous avez peut-être déjà vu, en salle de consultation, un membre de l'équipe qui n'est pas le vétérinaire réaliser une prise de sang ou poser une perfusion. La question de savoir qui a le droit de faire ce geste ne se règle plus au cas par cas, clinique par clinique : elle est désormais fixée par deux textes datés, publiés à quelques jours d'écart fin juillet 2026.

Le décret n° 2026-672 du 27 juillet 2026 est pris en application de l'article L.243-3 du code rural. Il pose le principe : certains actes qui ne relèvent pas du diagnostic peuvent être confiés à une personne qui n'a pas la qualité de vétérinaire, sous conditions. L'arrêté du 30 juillet 2026, qui l'accompagne, modifie l'arrêté du 5 octobre 2011, celui qui fixe depuis quinze ans la liste des actes que des personnes non vétérinaires peuvent réaliser. Autrement dit : cette liste existait déjà. Ce qui change à l'été 2026, c'est son actualisation et le cadre qui l'entoure.

Un point à garder en tête, et c'est le plus important : ce texte autorise, il ne promet rien. Rien n'indique qu'une prise de sang confiée à un auxiliaire coûtera moins cher ou qu'un rendez-vous s'obtiendra plus vite. Ce que cela change, c'est la légalité d'une organisation que certaines cliniques pratiquaient déjà de façon plus floue.

Trois conditions, pas une confiance générale

La loi n'ouvre pas la délégation à n'importe qui, dans n'importe quelle condition. Elle pose trois conditions cumulatives, et c'est ce qui permet de juger une situation sans avoir à juger une personne.

Une formation certifiante, avant le premier geste

L'auxiliaire qui réalise l'acte doit avoir validé une formation certifiante. Ce n'est pas une compétence acquise sur le tas, à force de regarder faire : c'est un parcours reconnu, distinct de l'expérience seule.

Un vétérinaire présent sur site, responsable de l'acte

L'acte se déroule sous la responsabilité d'un vétérinaire présent sur le site. C'est une garantie de proximité, pas seulement de supervision à distance : quelqu'un qui peut intervenir reste là, dans les murs.

Une liste tenue par l'Ordre, pas par la clinique elle-même

Les auxiliaires habilités figurent sur une liste tenue par l'Ordre des vétérinaires, et non par chaque clinique de façon autonome. Le contrôle ne repose donc pas seulement sur la parole de l'établissement qui emploie la personne.

Saviez-vous ?

  • Le décret n° 2026-672 du 27 juillet 2026 est pris en application de l'article L.243-3 du code rural.
  • L'arrêté du 30 juillet 2026 modifie l'arrêté du 5 octobre 2011, qui fixe depuis 2011 la liste des actes que des personnes non vétérinaires peuvent réaliser.
  • Trois conditions cumulatives encadrent la délégation : une formation certifiante, la responsabilité d'un vétérinaire présent sur site, et une liste des auxiliaires habilités tenue par l'Ordre.
  • L'article R.242-35 du code de déontologie vétérinaire interdit tout procédé comparatif entre confrères : un article sur ce sujet ne compare donc jamais un vétérinaire à un autre.

Le vétérinaire reste la référence, avant comme après ce texte

Ce cadre ne déplace pas la décision médicale. Le vétérinaire continue d'examiner, de décider quel acte est nécessaire et de prescrire : ce que la loi permet de déléguer, ce sont des gestes d'exécution, pas le jugement clinique qui les précède. Poser une question sur qui réalise une prise de sang n'est donc pas remettre en cause la compétence du vétérinaire choisi : c'est vérifier une organisation, ce qui est très différent.

Cela vaut aussi dans l'autre sens. Ce texte ne sert à comparer aucun établissement à un autre, et un article de ce type ne le fera jamais : la réglementation qui encadre la profession interdit précisément ce genre de mise en concurrence entre praticiens. Ce qui se vérifie, ce sont des conditions, pas la réputation d'une clinique face à une autre.

Poser la question, sans mettre personne en cause

La méthode la plus simple consiste à reprendre les trois conditions, dans l'ordre, plutôt que de se fier à une impression. Trois questions suffisent, et elles se posent sans gêne à n'importe quelle équipe :

  • La personne qui va réaliser l'acte a-t-elle suivi une formation certifiante pour ce geste précis ?
  • Un vétérinaire est-il présent sur place pendant l'acte, et responsable de son bon déroulement ?
  • Cette personne figure-t-elle sur la liste des auxiliaires habilités tenue par l'Ordre ?

Aucune de ces questions ne suppose une réponse négative. Elles donnent simplement de quoi juger la situation par soi-même, plutôt que d'attendre qu'on vous dise si c'est "bien" ou "pas bien". C'est la différence entre une méthode et un verdict : la méthode reste la même d'une clinique à l'autre, le verdict, lui, ne se prononce jamais ici sur un professionnel en particulier.

Carnet de santé : garder la trace de qui a fait quoi

Que la prise de sang ou la perfusion soit réalisée par le vétérinaire ou par un auxiliaire habilité, le résultat et la date de l'acte méritent d'être conservés au même endroit que le reste du suivi. C'est utile le jour où un autre praticien prend le relais, ou simplement pour retrouver la date d'un examen sans avoir à la redemander au comptoir.

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À retenir

  • Le cadre est neuf et daté : décret n° 2026-672 du 27 juillet 2026, arrêté du 30 juillet 2026 modifiant l'arrêté du 5 octobre 2011.
  • Trois conditions à vérifier : une formation certifiante, un vétérinaire présent sur site et responsable, une inscription sur la liste tenue par l'Ordre.
  • Ce texte autorise une organisation, il ne réduit ni le prix ni le délai d'un rendez-vous.
  • Le vétérinaire reste seul responsable de l'acte et de la décision qui l'a précédé.
  • Poser ces trois questions à l'équipe est légitime, et ce n'est jamais comparer un vétérinaire à un autre.

Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Qui a le droit de me faire une prise de sang chez le vétérinaire depuis cet été ?

Depuis le décret du 27 juillet 2026 et l'arrêté du 30 juillet 2026, un auxiliaire peut réaliser cet acte à condition d'avoir suivi une formation certifiante, d'agir sous la responsabilité d'un vétérinaire présent sur site, et de figurer sur la liste des auxiliaires habilités tenue par l'Ordre des vétérinaires.

Le vétérinaire doit-il rester physiquement présent pendant que l'auxiliaire fait l'acte ?

Le texte exige que l'acte se déroule sous la responsabilité d'un vétérinaire présent sur site. C'est une condition de proximité, distincte du geste lui-même : le vétérinaire reste responsable de ce qui se passe dans son établissement.

Est-ce que ce nouveau cadre va faire baisser le prix ou raccourcir le délai de rendez-vous ?

Rien dans ces textes ne le dit ni ne le promet. Le décret et l'arrêté autorisent une organisation de la délégation d'actes ; ils ne portent aucun engagement sur les tarifs ou les délais de consultation.

Comment savoir si la personne qui s'occupe de mon animal est bien habilitée ?

Trois conditions permettent de se faire une idée sans avoir à en juger la clinique : une formation certifiante suivie, la présence sur site d'un vétérinaire responsable de l'acte, et une inscription sur la liste des auxiliaires habilités tenue par l'Ordre. Poser la question à l'équipe est légitime.

Est-ce que poser ces questions revient à mettre en doute mon vétérinaire ?

Non. Ces questions portent sur une organisation, encadrée par la loi, pas sur la compétence du vétérinaire qui continue d'examiner, de décider et de prescrire. La réglementation interdit d'ailleurs toute comparaison entre praticiens, et ce n'est pas l'objet de la démarche.

Qui reste responsable si un acte délégué à un auxiliaire se passe mal ?

Le cadre fixé par le décret et l'arrêté fait reposer l'acte délégué sur la responsabilité du vétérinaire présent sur site. Cette responsabilité ne s'efface pas parce que le geste a été exécuté par un auxiliaire habilité.

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