Prise de sang, injection : qui peut les faire en clinique vétérinaire ?

par Olivier Jacqueline Olivier Jacqueline · Animal Place · 17 septembre 2026

Prise de sang, injection : qui peut les faire en clinique vétérinaire ?

Depuis le 3 août 2026, un arrêté autorise certains actes vétérinaires, comme la prise de sang ou l'injection, à être confiés à un auxiliaire certifié. Voici ce qui change, et ce qui ne change pas.

Pourquoi lire cet article ?

  • ✓ Ce que change l'arrêté du 30 juillet 2026, entré en vigueur le 3 août
  • ✓ La liste précise des actes qu'un auxiliaire vétérinaire peut réaliser, et ceux qui restent hors de sa portée
  • ✓ Les conditions de certification qu'il doit avoir validées avant d'y être autorisé
  • ✓ Ce qui ne change pas : qui reste responsable de l'acte, et pourquoi le choix du vétérinaire compte toujours

Vous avez peut-être vu, lors d'une visite récente, un membre de l'équipe qui n'est pas le vétérinaire faire une prise de sang ou poser une injection à votre animal. Ce n'est pas une improvisation : depuis le 3 août 2026, un texte réglementaire encadre précisément ce que ces professionnels peuvent faire, dans quelles conditions, et sous quelle responsabilité.

Arrêté du 30 juillet 2026 : ce qui change en clinique

Un arrêté publié au Journal officiel le 2 août 2026, et entré en vigueur le lendemain, autorise pour la première fois les cliniques vétérinaires françaises à confier certains actes dits « de premier niveau » à des auxiliaires vétérinaires certifiés. Jusque-là, la plupart de ces gestes techniques restaient réservés au vétérinaire lui-même, même quand leur réalisation ne demandait pas de diagnostic.

En clair : le vétérinaire continue de décider, d'examiner et de prescrire. Ce qui change, c'est qu'une partie des gestes qui suivent sa décision peut désormais être exécutée par un membre qualifié de son équipe, sous son autorité directe.

Actes délégués : la liste précise, et ce qui n'y figure pas

L'arrêté ne délègue pas « les soins » en général : il énumère des actes précis. Peuvent être confiés à un auxiliaire certifié :

  • les prélèvements sanguins
  • les écouvillonnages
  • les administrations de médicaments, y compris les injections
  • la pose de sondes
  • le détartrage
  • l'assistance à l'anesthésie et aux urgences

Un point à noter, parce qu'il évite une confusion fréquente : la vaccination ne figure pas dans cette liste. L'injection d'un médicament prescrit et l'acte vaccinal ne sont pas traités de la même façon par ce texte, et rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que la vaccination serait déléguée au même titre. Si votre vétérinaire vaccine lui-même votre animal, c'est cohérent avec ce que dit l'arrêté.

Certification : ce que l'auxiliaire doit avoir validé avant d'y être autorisé

Un auxiliaire ne se voit pas confier ces actes du jour au lendemain. Le texte fixe un socle de conditions cumulatives :

  • un diplôme ou titre de niveau 4, l'équivalent d'un baccalauréat
  • au moins un an d'expérience en clinique
  • une formation complémentaire de 56 heures de simulation et 36 heures de pratique encadrée en clinique
  • la réussite d'un questionnaire national organisé par l'Ordre des vétérinaires

Autrement dit : la certification ne se limite pas à une formation théorique. Elle inclut une pratique encadrée vérifiée, et un contrôle des connaissances au niveau national, pas propre à chaque clinique.

2027 : les étudiants vétérinaires rejoindront le dispositif

À partir de juillet 2027, le même cadre s'élargira aux étudiants en école vétérinaire, qui pourront eux aussi réaliser ces actes de premier niveau. La condition ne change pas : ils resteront sous l'autorité directe du vétérinaire, exactement comme les auxiliaires déjà certifiés. Ce n'est donc pas une nouvelle catégorie de règles, mais l'ouverture progressive du même dispositif à un public plus large.

Affichage obligatoire : ce que la clinique doit vous montrer

L'arrêté impose aux cliniques une obligation de transparence : elles doivent afficher la liste des personnels habilités à réaliser ces actes, ainsi que la nature exacte des actes qui leur sont délégués. Ce document existe précisément pour qu'un propriétaire puisse savoir, avant d'entrer en salle de consultation, qui va faire quoi.

Ce que cet affichage ne remplace pas, en revanche, c'est votre appréciation du vétérinaire lui-même. La certification garantit une compétence technique standardisée pour un acte donné ; elle ne remplace ni le diagnostic ni le suivi que seul le vétérinaire peut assurer. C'est la même autorité qui a toujours été la référence sur la santé de votre animal, avant comme après ce texte.

Ailleurs : une pratique déjà installée au Royaume-Uni

La France n'invente pas ce principe. Au Royaume-Uni, les infirmiers vétérinaires inscrits (registered veterinary nurses) réalisent depuis longtemps ce type d'actes selon la même logique de délégation, encadrée et sous l'autorité du vétérinaire. Un propriétaire habitué à un système où seul le vétérinaire touche l'animal peut légitimement se demander si cette délégation est un signe de moindre rigueur : l'exemple britannique montre qu'il s'agit au contraire d'un modèle éprouvé ailleurs, pas d'une exception française.

Saviez-vous ?

  • L'arrêté du 30 juillet 2026 est entré en vigueur le 3 août, trois jours après sa publication au Journal officiel.
  • La formation d'un auxiliaire certifié comprend 56 heures de simulation et 36 heures de pratique en clinique, en plus d'un an d'expérience minimum.
  • La vaccination ne figure pas dans la liste des actes délégués par ce texte.
  • À partir de juillet 2027, les étudiants vétérinaires pourront eux aussi réaliser ces actes, sous l'autorité du vétérinaire.
  • Au Royaume-Uni, les infirmiers vétérinaires inscrits pratiquent ce type de délégation depuis de nombreuses années.

Partage du dossier : ce que fait l'auxiliaire y reste attaché

Que la prise de sang soit réalisée par le vétérinaire ou par un auxiliaire certifié, le résultat s'inscrit dans le même dossier, celui que tient le vétérinaire responsable du suivi. C'est ce dossier, complet et à jour, qui permet de retrouver un traitement en cours, une allergie connue ou un examen déjà réalisé, y compris en changeant de clinique ou en consultant en urgence un praticien qui ne connaît pas encore votre animal.

L'avoir sous la main, plutôt que de le reconstituer de mémoire au comptoir, se prépare avant le rendez-vous. Le carnet de santé d'Animal Place centralise ces informations, et le code de partage vétérinaire les transmet en un instant au professionnel qui prend le relais.

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Au fond, ce que ce texte organise ne change rien à l'essentiel : c'est le vétérinaire qui répond de l'acte, quel que soit celui qui l'exécute matériellement, et c'est toujours lui que vous choisissez. Trouver un praticien en qui vous avez confiance, capable d'expliquer qui, dans son équipe, fait quoi et pourquoi, reste la meilleure garantie, plus que n'importe quelle liste affichée en salle d'attente.

À retenir

  • Depuis le 3 août 2026, des actes de premier niveau (prélèvements sanguins, injections, écouvillonnages, pose de sondes, détartrage, assistance à l'anesthésie et aux urgences) peuvent être confiés à un auxiliaire certifié.
  • La vaccination n'en fait pas partie.
  • La certification suppose un niveau 4, un an d'expérience, une formation de 56 heures de simulation et 36 heures en clinique, validée par un questionnaire national de l'Ordre.
  • À partir de juillet 2027, les étudiants vétérinaires pourront réaliser les mêmes actes, toujours sous l'autorité du vétérinaire.
  • La clinique doit afficher qui est habilité à faire quoi. Le vétérinaire, lui, reste responsable de l'ensemble.

Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Un auxiliaire vétérinaire peut-il me faire une prise de sang sans que le vétérinaire soit présent dans la pièce ?

L'arrêté exige que l'auxiliaire agisse sous l'autorité directe du vétérinaire, ce qui ne signifie pas nécessairement sa présence physique constante au moment précis du geste. Le vétérinaire reste responsable de l'acte et de sa supervision, dans les conditions que le texte définit.

Est-ce que la vaccination de mon animal peut être déléguée à un auxiliaire ?

Non, pas selon ce texte : la vaccination ne figure pas dans la liste des actes délégués par l'arrêté du 30 juillet 2026, qui porte sur les prélèvements sanguins, les écouvillonnages, les administrations de médicaments, la pose de sondes, le détartrage et l'assistance à l'anesthésie et aux urgences.

Comment savoir si la personne qui s'occupe de mon animal est bien certifiée pour cet acte ?

Les cliniques ont désormais l'obligation d'afficher la liste des personnels habilités et la nature des actes qui leur sont délégués. N'hésitez pas à demander cet affichage si vous ne le voyez pas, ou à poser directement la question à l'équipe.

Qui est responsable si un acte délégué à un auxiliaire se passe mal ?

Le vétérinaire reste responsable des actes réalisés sous son autorité, y compris lorsqu'ils sont exécutés par un auxiliaire certifié. Cette responsabilité ne change pas avec la délégation : c'est justement ce qu'encadre le texte.

Cette délégation d'actes existe-t-elle dans d'autres pays ?

Oui. Au Royaume-Uni par exemple, les infirmiers vétérinaires inscrits réalisent ce type d'actes sous l'autorité du vétérinaire depuis de nombreuses années, selon une logique de délégation comparable à celle que la France met en place.

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