Tétanos et rhinopneumonie : les vaccins du cheval de concours, hors grippe
par Animal Place · 27 août 2026
Le règlement de concours n'impose que la grippe équine. Le tétanos et la rhinopneumonie, eux, se décident avec le vétérinaire, pour des raisons différentes.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Ce qui distingue un vaccin exigé par le règlement d'un vaccin recommandé par le vétérinaire
- ✓ Pourquoi le tétanos reste une priorité même en l'absence d'obligation de concours
- ✓ La place de la rhinopneumonie dans le protocole d'un cheval qui sort régulièrement
- ✓ Comment garder une trace claire de chaque injection, utile en concours comme en urgence
Tétanos : la maladie que la grippe ne couvre pas
La vaccination contre la grippe équine est la seule que le règlement sanitaire des concours impose ; son calendrier fait l'objet d'un autre article. Le tétanos, lui, n'entre dans aucune obligation de ce type, et c'est justement ce qui le rend facile à négliger.
La bactérie responsable, Clostridium tetani, vit dans le sol et pénètre par la moindre plaie, même superficielle : un clou de fer à cheval, une écorchure sur un fil barbelé, une plaie de castration. Une fois la maladie déclarée, elle est presque toujours mortelle chez le cheval, malgré les soins intensifs. Autrement dit : le tétanos ne se soigne pas bien, il se prévient.
C'est ce qui explique que les vétérinaires équins recommandent la vaccination antitétanique pour tous les chevaux, qu'ils sortent en concours ou vivent au pré toute leur vie. L'absence d'obligation réglementaire ne dit rien du niveau de risque réel.
Plaie profonde : le vaccin ne suffit pas toujours
Un cheval blessé, même correctement vacciné, peut nécessiter un rappel anticipé si la plaie est profonde, souillée de terre, ou si la dernière injection remonte à plusieurs mois. C'est une décision qui revient au vétérinaire qui examine la plaie, pas à un calendrier fixé à l'avance.
Rhinopneumonie : une protection à part
La rhinopneumonie équine regroupe plusieurs formes de maladie provoquées par l'herpèsvirus équin, avec des atteintes respiratoires, parfois nerveuses ou liées à la reproduction. Le RESPE, réseau français d'épidémiosurveillance équine, suit en continu la circulation de ce virus et alerte en cas de foyer. La conduite à tenir devant une épidémie fait l'objet d'un autre article ; ici, seule la place du vaccin dans le protocole compte.
Contrairement à la grippe, la rhinopneumonie n'est imposée par aucun règlement de concours. Mais elle circule facilement entre chevaux qui se croisent, se transportent ou partagent un même lieu, ce qui en fait une vaccination fréquemment recommandée dès qu'un cheval sort de son écurie.
Exposition : les moments qui font monter le risque
Le niveau d'exposition varie beaucoup d'un cheval à l'autre :
- Un cheval qui concourt ou se déplace régulièrement croise davantage d'animaux dont l'état sanitaire n'est pas connu
- Une jument gestante est exposée à une forme de la maladie qui peut provoquer un avortement, ce qui justifie une attention particulière
- Un cheval qui arrive dans une nouvelle pension est en contact avec des chevaux dont l'historique vaccinal est inconnu
C'est votre vétérinaire qui évalue, à partir de ces éléments, si et à quel rythme la vaccination a du sens pour votre cheval.
Grippe équine : la seule obligation, en bref
La grippe équine reste le seul vaccin que le règlement sanitaire impose pour concourir, avec un calendrier précis de primo-vaccination et de rappels. Ce sujet est traité en détail ailleurs : retenez seulement qu'il s'agit d'une obligation administrative, distincte des deux vaccins précédents, qui répondent eux à une logique de prévention individuelle plutôt qu'à une règle de compétition.
Obligatoire ou recommandé : ne pas confondre les trois vaccins
Trois vaccins, trois statuts différents :
- Grippe équine : imposée par le règlement sanitaire pour concourir, avec un contrôle possible du carnet à l'entrée du terrain
- Tétanos : aucune obligation de concours, mais une recommandation vétérinaire quasi unanime, en raison de la gravité de la maladie
- Rhinopneumonie : aucune obligation générale non plus, mais une recommandation qui se renforce avec l'exposition du cheval aux autres chevaux
Un cheval à jour de sa grippe n'est donc pas nécessairement protégé contre le tétanos ou la rhinopneumonie. Ce sont trois décisions distinctes, qui se prennent ensemble avec le vétérinaire traitant plutôt que dans l'ordre imposé par un règlement.
Carnet vaccinal : ce qui compte le jour du contrôle ou de l'urgence
Le document d'identification du cheval, délivré par l'IFCE, comporte des pages réservées aux vaccinations que le vétérinaire complète à chaque injection. Ce document suit le cheval, mais il ne suit pas toujours son propriétaire : en pension, en concours, ou en cas de changement d'écurie, savoir précisément ce qui a été fait et quand demande souvent de le rechercher dans un tiroir ou de rappeler l'ancien vétérinaire.
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Le carnet de santé de l'application centralise ces informations et peut être partagé en un code avec un vétérinaire de garde qui ne connaît pas encore votre cheval, un contrôle à l'entrée d'un concours, ou une nouvelle pension qui vous demande l'historique vaccinal avant l'arrivée. C'est ce genre de moment, plus que le suivi quotidien, qui fait la différence entre retrouver l'information en quelques secondes et devoir la reconstituer dans l'urgence.
Saviez-vous ?
- Le tétanos n'est pas contagieux, mais il est presque toujours mortel chez le cheval une fois la maladie déclarée
- La bactérie responsable du tétanos vit dans le sol et pénètre par la moindre plaie, même minime
- Le règlement des concours n'impose que la vaccination contre la grippe équine ; le tétanos et la rhinopneumonie restent des choix décidés avec le vétérinaire
- Le RESPE, réseau d'épidémiosurveillance équine, suit en continu la circulation des virus respiratoires du cheval en France
À retenir
- La grippe est le seul vaccin exigé par le règlement sanitaire pour concourir
- Le tétanos est recommandé pour tous les chevaux, quel que soit leur niveau d'activité, en raison de la gravité de la maladie
- La rhinopneumonie se discute avec le vétérinaire selon l'exposition du cheval : concours, transport, contact avec d'autres chevaux, gestation
- Le rythme exact des rappels se décide au cas par cas avec le vétérinaire traitant, pas dans un article
- Garder une trace à jour de chaque vaccination facilite un contrôle en concours, un changement de pension ou une urgence
Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Questions fréquentes
Le tétanos est-il obligatoire pour concourir avec mon cheval ?
Non. Seule la vaccination contre la grippe équine est imposée par le règlement sanitaire des concours. Le tétanos n'entre dans aucune obligation de ce type, mais les vétérinaires équins le recommandent pour tous les chevaux en raison de la gravité de la maladie, presque toujours mortelle une fois déclarée.
Pourquoi vacciner contre la rhinopneumonie si mon cheval sort peu ?
Le risque existe dès qu'un cheval a un contact, même indirect, avec d'autres chevaux : voisinage de paddock, transport, arrivée d'un nouveau pensionnaire dans l'écurie. C'est votre vétérinaire qui évalue, à partir du mode de vie réel de votre cheval, si cette vaccination a du sens.
Le vaccin contre la grippe protège-t-il aussi contre le tétanos et la rhinopneumonie ?
Non, ce sont trois maladies différentes, provoquées par des agents différents, et chacune nécessite sa propre vaccination. Être à jour de sa grippe ne dit rien de la protection d'un cheval contre le tétanos ou la rhinopneumonie.
À quel rythme faut-il refaire les rappels de tétanos et de rhinopneumonie ?
Le rythme dépend de l'âge du cheval, de son niveau d'exposition et des vaccins déjà reçus. C'est votre vétérinaire traitant qui l'établit dans le cadre d'un protocole individuel, et non un calendrier générique valable pour tous les chevaux.
Que faire si je ne retrouve plus les dates de vaccination de mon cheval ?
Le document d'identification délivré par l'IFCE comporte des pages réservées aux vaccinations, que le vétérinaire remplit à chaque injection : c'est le premier endroit où chercher. Si les informations manquent, un bilan avec votre vétérinaire permet de repartir sur une base fiable et de reconstituer un suivi à jour.