Tortue trouvée dans le jardin : les bons réflexes, et qui contacter selon l'espèce

par Elsa Carrette Elsa Carrette · Animal Place · 28 septembre 2026

Tortue trouvée dans le jardin : les bons réflexes, et qui contacter selon l'espèce

Une tortue apparue dans votre jardin n'est pas à adopter comme un animal ordinaire : selon l'espèce, elle est protégée par la loi ou interdite à la détention. Voici comment réagir et qui contacter.

Pourquoi lire cet article ?

  • ✓ Distinguer en quelques minutes une tortue terrestre d'une tortue aquatique, sans risquer une erreur de manipulation
  • ✓ Comprendre pourquoi certaines tortues ne se recueillent pas comme un chat ou un chien perdu
  • ✓ Savoir précisément qui appeler selon l'espèce et le département
  • ✓ Éviter les deux gestes à ne pas faire : l'adopter sans vérifier, ou la relâcher n'importe où

Trois tortues possibles, une seule bonne réaction

Une tortue qui apparaît un matin au fond du jardin n'est presque jamais un animal de compagnie égaré comme un chien ou un chat. En France métropolitaine, trois cas reviennent le plus souvent : la tortue d'Hermann (Testudo hermanni), une tortue terrestre ; la cistude d'Europe (Emys orbicularis), une tortue aquatique ; et la tortue de Floride (Trachemys scripta), une tortue aquatique introduite depuis l'étranger.

La tortue d'Hermann et la cistude d'Europe sont chacune une espèce protégée en France. La tortue de Floride, elle, est aujourd'hui considérée comme une espèce envahissante, avec des conséquences légales précises. Autrement dit : dans les trois cas, la question qui se pose n'est pas comment l'adopter, mais qui prévenir. Aucune des trois ne se traite comme une tortue de compagnie ordinaire qu'on aurait simplement perdue.

Terrestre ou aquatique : le seul repère fiable sans expertise

Observer sans expertise : le lieu de la découverte

Sans formation particulière, un repère reste fiable : l'endroit où vous l'avez trouvée. Une tortue posée dans l'herbe, à distance de tout point d'eau, sans pattes palmées, correspond au profil d'une tortue terrestre : dans un jardin français, c'est celui de la tortue d'Hermann. Une tortue trouvée dans une mare, un bassin ou près d'un cours d'eau, aux pattes palmées, est une tortue aquatique : cistude d'Europe ou tortue de Floride.

Autrement dit : terrestre ou aquatique est la seule distinction que vous pouvez poser vous-même avec confiance. Le reste, l'espèce précise, l'âge ou l'origine de l'animal, demande un œil habitué.

Ne pas deviner l'espèce précise

Un motif de carapace, une couleur de peau ou une tache derrière l'œil ne suffisent pas à trancher entre plusieurs espèces qui se ressemblent, et une identification approximative peut orienter vers la mauvaise démarche. C'est un vétérinaire, un refuge ou une association spécialisée qui confirme l'espèce, pas une recherche d'images sur un forum.

Protégée : ce que change le statut de la tortue d'Hermann et de la cistude

La tortue d'Hermann et la cistude d'Europe sont protégées par l'arrêté du 8 janvier 2021 fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l'ensemble du territoire. Ce texte interdit notamment la détention et le transport des spécimens prélevés dans le milieu naturel après le 12 mai 1979 (article 2).

Autrement dit : vous n'avez pas le droit de garder chez vous une tortue d'Hermann ou une cistude trouvée dans votre jardin, même avec les meilleures intentions. Le statut protégé ne concerne pas seulement l'animal encore en liberté dans la nature : il continue de s'appliquer à un spécimen que vous auriez recueilli.

Cela ne fait pas de vous quelqu'un en tort si vous l'avez mise à l'abri par réflexe, le temps de joindre quelqu'un. Cela veut dire que la suite ne se décide pas seul : c'est un professionnel ou l'administration compétente qui indique la marche à suivre, pas un délai que vous vous fixez.

Envahissante : ce que la loi interdit pour la tortue de Floride

La tortue de Floride est inscrite sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne par un règlement d'exécution ((UE) 2016/1141). Le règlement (UE) n° 1143/2014, en son article 7, interdit notamment de la détenir, de la transporter, de la mettre sur le marché et de la libérer dans l'environnement.

Autrement dit : relâcher une tortue de Floride dans une mare, un étang ou une rivière n'est jamais la bonne solution, même en pensant lui rendre sa liberté. C'est précisément ce que la loi vise à empêcher, parce que cette espèce concurrence les tortues locales dans leur propre milieu.

Une exception existe : les propriétaires qui détenaient déjà une tortue de Floride avant son inscription sur cette liste peuvent la garder jusqu'à la fin de sa vie, à condition de la détenir de façon confinée, sans reproduction ni fuite possible (article 31). Cette exception concerne un propriétaire déclaré, pas une tortue trouvée sans historique connu.

Qui contacter, et comment patienter en sécurité

Qui contacter selon votre département

L'Office français de la biodiversité (OFB) oriente vers un vétérinaire, un refuge ou une association spécialisée dans l'accueil des tortues, selon la situation et le département. Dans le Var, la préfecture renvoie spécifiquement vers le centre de soins de la SOPTOM, le Village des Tortues, à Carnoules, habitué à ce type de découverte.

Le bon interlocuteur dépend donc d'abord de votre département : un vétérinaire proche de chez vous saura, au minimum, orienter vers la bonne structure s'il ne prend pas lui-même en charge les tortues.

Trouver rapidement un vétérinaire, un refuge ou une association spécialisée près de chez vous fait gagner un temps précieux à ce stade. C'est exactement ce que propose l'annuaire professionnel de l'application Animal Place, classé par zone géographique.

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En attendant, gardez une trace du lieu et de la date de la découverte : ces informations serviront à qui prendra le relais.

Patienter en sécurité : les gestes qui limitent les risques

Le temps de joindre quelqu'un, quelques gestes simples limitent les risques, pour vous comme pour l'animal : placez-la dans un contenant fermé mais ventilé (une caisse, un carton haut), à l'abri du soleil direct et des autres animaux du foyer, sans la manipuler plus que nécessaire. Ne la remettez pas à l'eau ni dans la nature avant d'avoir un avis, et ne décidez pas seul de la nourrir : une alimentation inadaptée peut aggraver son état si elle est affaiblie, et ce jugement revient à un professionnel qui l'aura examinée.

Saviez-vous ?

  • La tortue d'Hermann et la cistude d'Europe sont protégées par l'arrêté du 8 janvier 2021.
  • La détention et le transport d'un spécimen prélevé dans la nature après le 12 mai 1979 sont interdits pour ces deux espèces.
  • La tortue de Floride est classée espèce exotique envahissante par un règlement européen d'exécution depuis 2016.
  • Le règlement (UE) n° 1143/2014 interdit de la détenir, de la vendre ou de la relâcher dans l'environnement, sauf exception pour les propriétaires antérieurs à son inscription.

À retenir

  • Une tortue terrestre trouvée dans un jardin français est vraisemblablement une tortue d'Hermann protégée : elle ne s'adopte pas, elle se signale.
  • Une tortue aquatique peut être une cistude protégée ou une tortue de Floride envahissante : dans les deux cas, ni l'adoption ni le relâcher ne se décident seul.
  • Le geste commun aux trois cas : la mettre en sécurité sans la manipuler davantage, puis contacter un vétérinaire, l'OFB ou l'association compétente de votre département.
  • Dans le Var, la préfecture oriente vers le centre de soins de la SOPTOM (Village des Tortues, Carnoules).

Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Ai-je le droit de garder chez moi une tortue trouvée dans mon jardin ?

Cela dépend de l'espèce. La tortue d'Hermann et la cistude d'Europe sont protégées par l'arrêté du 8 janvier 2021, qui interdit la détention d'un spécimen prélevé dans le milieu naturel après le 12 mai 1979. La tortue de Floride, elle, est une espèce envahissante dont la détention est interdite par le règlement européen 1143/2014, sauf pour un propriétaire déclaré avant l'inscription de l'espèce sur cette liste. Dans les trois cas, la décision de la garder ne se prend pas seul.

Comment savoir si c'est une tortue d'Hermann, une cistude ou une tortue de Floride ?

Sans expertise, le repère le plus fiable est le lieu où vous l'avez trouvée : une tortue terrestre, loin de tout point d'eau, oriente vers la tortue d'Hermann ; une tortue aquatique, trouvée dans ou près d'une mare ou d'un bassin, oriente vers la cistude ou la tortue de Floride. Au-delà de cette distinction, l'identification précise demande l'œil d'un vétérinaire, d'un refuge ou d'une association spécialisée.

Puis-je relâcher la tortue dans une mare ou un étang ?

Non, dans aucun des trois cas. Pour la tortue de Floride, relâcher l'animal dans l'environnement est explicitement interdit par le règlement (UE) n° 1143/2014, parce que l'espèce concurrence les tortues locales. Pour la tortue d'Hermann et la cistude, protégées, une remise en liberté sans avis d'un professionnel peut nuire à l'animal ou aux populations sauvages locales. La bonne étape est toujours de contacter un professionnel avant d'agir.

Qui contacter si je trouve une tortue dans le Var ?

Dans le Var, la préfecture oriente vers le centre de soins de la SOPTOM, le Village des Tortues, à Carnoules, spécialisé dans l'accueil de ce type d'animal. Ailleurs en France, l'Office français de la biodiversité oriente vers un vétérinaire, un refuge ou une association spécialisée selon le département.

Que faire en attendant qu'un professionnel me réponde ?

Placez la tortue dans un contenant fermé mais ventilé, à l'abri du soleil direct et des autres animaux du foyer, et manipulez-la le moins possible. Ne la remettez pas à l'eau ni dans la nature avant d'avoir un avis, et ne décidez pas de son alimentation vous-même : un professionnel évaluera son état avant de vous conseiller.

Je possède déjà une tortue de Floride depuis des années : dois-je m'en séparer ?

Non. Le règlement (UE) n° 1143/2014 prévoit une exception, à son article 31, pour les propriétaires qui détenaient déjà l'animal avant son inscription sur la liste des espèces envahissantes : ils peuvent la garder jusqu'à la fin de sa vie, à condition de la détenir de façon confinée, sans reproduction ni fuite possible. Cette exception concerne un animal dont l'historique est connu, ce qui n'est pas le cas d'une tortue trouvée dans un jardin.