Tests génétiques chez le chat de race : lesquels, et pour quoi faire
par Animal Place · 7 septembre 2026
Un test génétique dépiste une mutation précise, pas toutes les maladies possibles. Voici les tests qui existent chez le chat de race, et ce qu'un résultat change avec votre vétérinaire.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Ce qu'un test génétique peut réellement dire d'un chat, et ce qu'il ne dit pas
- ✓ Les maladies pour lesquelles un test existe vraiment chez le chat de race, et les races concernées
- ✓ Comment se déroule un prélèvement, et à quel moment le faire
- ✓ Comment lire un résultat sans céder à la panique, et pourquoi en parler à votre vétérinaire
Test génétique : ce qu'il cherche, et ce qu'il ne voit pas
Un test génétique de chat ne balaie pas l'ensemble du génome à la recherche de n'importe quel problème : il recherche une mutation précise, déjà identifiée par la recherche vétérinaire, et associée à une maladie précise chez une race précise. Autrement dit : le test répond à une question posée à l'avance, il n'en pose pas de nouvelle.
C'est une nuance qui change la façon de l'utiliser. Un résultat négatif signifie que le chat ne porte pas la mutation recherchée, pas qu'il est protégé de toute maladie héréditaire. Un résultat positif signifie qu'il porte la mutation, pas qu'il développera nécessairement la maladie : certaines prédispositions s'expriment de façon variable, et l'âge d'apparition diffère d'un chat à l'autre.
Ces tests concernent d'abord les chats inscrits à un livre des origines reconnu, le LOOF en France, dont l'ascendance est connue et documentée. Un chat qui ressemble à une race sans être inscrit peut porter la même prédisposition si ses parents en étaient porteurs, mais son ascendance précise n'étant pas établie, le choix du test à faire est moins évident : c'est alors un sujet à poser directement à votre vétérinaire, qui orientera vers le test pertinent au vu des signes observés ou de la ressemblance constatée.
Cœur : la cardiomyopathie hypertrophique, la maladie la plus recherchée
La cardiomyopathie hypertrophique, souvent désignée par son sigle CMH, est un épaississement anormal du muscle cardiaque qui réduit sa capacité à se remplir de sang entre deux battements. C'est la maladie cardiaque la plus fréquente chez le chat, toutes races confondues, et celle pour laquelle la recherche en génétique féline est la plus avancée.
Une mutation précise associée à la CMH a été identifiée chez le Maine Coon, et une autre, différente, chez le Ragdoll. Un test génétique permet de savoir si un chat de l'une de ces deux races porte l'une de ces mutations connues.
Ce que le test ne couvre pas est tout aussi important à savoir : la CMH existe chez de nombreuses autres races, et même chez le chat sans race, sans qu'aucune mutation ne soit aujourd'hui identifiée pour expliquer ces cas. Un test négatif chez un Maine Coon ne dispense donc pas d'une surveillance cardiaque : seule une échographie cardiaque, réalisée par un vétérinaire, permet de dépister la maladie elle-même, quelle qu'en soit la cause.
Reins : la polykystose rénale, un test qui a changé la sélection du Persan
La polykystose rénale, ou PKD, est une maladie dans laquelle des kystes se forment progressivement dans les reins et finissent, avec le temps, par réduire leur fonctionnement. Chez le chat, elle touche en premier lieu le Persan et l'Exotic Shorthair, deux races génétiquement proches.
Le test génétique de la PKD est l'un des plus anciens et des plus utilisés en sélection féline : en identifiant les reproducteurs porteurs de la mutation, les éleveurs qui le pratiquent réduisent la transmission de la maladie dans les portées suivantes. Pour le propriétaire d'un chat déjà né, le test a un autre intérêt : un résultat positif permet un suivi rénal ciblé, avant l'apparition de tout signe.
Une échographie rénale peut aussi détecter des kystes déjà formés, mais plus tardivement que le test génétique, qui identifie la mutation dès la naissance, avant qu'aucun kyste ne soit visible.
Sang et muscles : d'autres tests, propres à certaines races
D'autres tests existent, propres à une race ou à un petit groupe de races. Le déficit en pyruvate kinase touche les globules rouges et provoque une anémie chronique, avec des poussées de fatigue ; il est recherché chez l'Abyssin, le Somali, le Bengal et certaines lignées de Maine Coon.
L'atrophie rétinienne progressive, une dégénérescence lente de la rétine qui n'affecte d'abord que la vision dans le noir, concerne notamment l'Abyssin et le Somali. Chez le Maine Coon existe également un test pour une amyotrophie spinale, une maladie neuromusculaire rare qui affaiblit progressivement les membres postérieurs d'un chaton.
Le point commun de tous ces tests : ils portent le nom de la maladie qu'ils recherchent, jamais celui d'un laboratoire ou d'une marque. Un éleveur ou un vétérinaire qui vous propose un test le nomme par la maladie dépistée : c'est ce nom qu'il faut retenir et vérifier, pas celui du kit utilisé.
Faire le test : le prélèvement, le moment, et l'interprétation
Le prélèvement se fait le plus souvent par un frottis à l'intérieur de la joue, avec un écouvillon, sans prise de sang ni anesthésie. Il peut être réalisé à tout âge, dès les premières semaines de vie, ce qui permet de tester une portée avant le sevrage.
Le résultat, en revanche, ne s'interprète pas seul. Un test génétique donne une information brute : porteur ou non porteur d'une mutation précise. Ce que cette information signifie pour la santé future du chat, à quel rythme surveiller l'organe concerné, quels examens complémentaires envisager, sont des questions qui reviennent à votre vétérinaire, pas au document reçu du laboratoire.
C'est particulièrement vrai pour un chat destiné à la reproduction : un résultat positif ne se traduit pas automatiquement par une exclusion de l'élevage, la décision dépend de la mutation en cause, de son mode de transmission, et des lignées disponibles. Là encore, c'est un sujet à construire avec un vétérinaire, pas à trancher seul à la lecture d'un résultat.
Après le résultat : ce qu'il faut en faire, avec votre vétérinaire
Recevoir un résultat de test génétique, positif ou négatif, est le début d'un suivi, pas sa fin. Un chat porteur d'une mutation cardiaque ou rénale bénéficie d'un rythme de contrôle adapté, que seul un vétérinaire peut définir en fonction de son âge, de sa race et de la mutation identifiée.
Prendre rendez-vous avec un vétérinaire pour discuter d'un résultat, plutôt que de le classer dans un tiroir, est le geste qui donne un sens au test. Conserver ce résultat, avec les dates de contrôle qui en découlent, dans un carnet de santé numérique comme celui de l'application Animal Place, évite de le perdre d'une visite à l'autre, et permet de transmettre l'ensemble du dossier à un vétérinaire qui découvre votre chat pour la première fois.
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Bon à savoir
Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Saviez-vous ?
- Un test génétique ne recherche qu'une mutation précise, déjà identifiée par la recherche : il ne détecte pas toutes les maladies héréditaires possibles.
- La cardiomyopathie hypertrophique est la maladie cardiaque la plus fréquente chez le chat, mais la mutation connue ne concerne que le Maine Coon et le Ragdoll.
- Le prélèvement se fait par un frottis buccal, sans anesthésie, et peut être réalisé dès les premières semaines de vie.
- Ces tests portent le nom de la maladie recherchée, jamais celui d'un laboratoire ou d'une marque.
À retenir
- Un résultat négatif ne protège pas de toute maladie héréditaire, et un résultat positif ne garantit pas que la maladie se déclarera.
- Cœur (CMH), reins (PKD), sang (déficit en pyruvate kinase) et yeux (atrophie rétinienne) sont les familles de tests les plus documentées chez le chat de race.
- Un résultat s'interprète avec un vétérinaire, jamais seul à la lecture du document du laboratoire.
- Seul un vétérinaire inscrit à l'Ordre peut poser un diagnostic à partir de ces éléments.
Questions fréquentes
Un test génétique négatif garantit-il que mon chat n'aura jamais de maladie cardiaque ?
Non. Le test ne recherche que la mutation connue chez sa race, comme celle identifiée chez le Maine Coon ou le Ragdoll pour la cardiomyopathie hypertrophique. Cette maladie peut apparaître pour d'autres raisons, non liées à cette mutation : seule une échographie cardiaque, réalisée par un vétérinaire, permet de la dépister quelle qu'en soit la cause.
À quel âge peut-on faire tester un chaton ?
Le prélèvement se fait par un simple frottis buccal, sans anesthésie, et peut être réalisé dès les premières semaines de vie. C'est d'ailleurs à cet âge que les éleveurs testent le plus souvent une portée, avant le sevrage.
Le test génétique remplace-t-il une échographie cardiaque ou rénale ?
Non, les deux sont complémentaires. Le test génétique identifie une mutation connue, présente dès la naissance. L'échographie détecte la maladie elle-même, qu'elle soit ou non liée à cette mutation, mais généralement plus tard dans la vie du chat.
Que faire si le test génétique de mon chat revient positif ?
Un résultat positif signifie que le chat porte la mutation, pas qu'il développera nécessairement la maladie. C'est un sujet à aborder avec votre vétérinaire, qui définira le rythme de surveillance adapté à l'âge, à la race et à la mutation identifiée chez votre chat.
Les tests génétiques félins portent-ils des noms de marque à connaître ?
Non, et c'est un repère utile : un test sérieux se nomme par la maladie qu'il recherche, comme la polykystose rénale ou le déficit en pyruvate kinase, jamais par le nom d'un laboratoire ou d'un kit commercial.