Teigne du cheval : plaques sans poils et contagion à l'humain
par Animal Place · 27 août 2026
Une plaque ronde sans poils sur la peau de votre cheval peut être une teigne : une infection qui se transmet aussi à l'humain. Voici comment la reconnaître et agir sans attendre.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Reconnaître une plaque de teigne, et la différencier de la dermite estivale ou de la gale de boue
- ✓ Comprendre pourquoi cette infection se transmet aussi à l'humain
- ✓ Savoir quel matériel isoler et désinfecter pendant le traitement
- ✓ Savoir quand consulter, et ce que le vétérinaire va faire
Teigne : la plaque qui doit alerter
La teigne équine est une dermatophytose. Derrière ce mot technique, un fait simple : c'est une infection de la peau causée par un champignon microscopique, pas par une bactérie ni par un parasite externe comme un acarien ou un pou. Le signe le plus caractéristique est une plaque ronde ou ovale, bien délimitée, où le poil tombe ou se casse net, laissant une peau grisâtre, sèche et parfois croûteuse. Ces plaques apparaissent le plus souvent là où le cheval est en contact avec du matériel : sous la sangle, sous le harnachement, sur l'encolure ou la tête.
Au début, ces plaques ne démangent pas forcément, ce qui les rend faciles à sous-estimer. C'est justement ce qui en fait un signe qu'il ne faut pas laisser traîner : une lésion cutanée qui s'étend, même sans gêne apparente pour le cheval, mérite d'être montrée à un vétérinaire plutôt qu'observée quelques semaines de plus.
Teigne, dermite estivale, gale de boue : ne pas confondre
Trois affections de peau se ressemblent de loin et se traitent très différemment.
La dermite estivale récidivante est une réaction allergique aux piqûres d'insectes : elle démange fortement, pousse le cheval à se frotter la crinière et la base de la queue, et revient chaque année à la belle saison. La gale de boue touche surtout le bas des membres, sur des paturons exposés à l'humidité prolongée : elle forme des croûtes épaisses et douloureuses, souvent d'origine mixte, bactérienne et fongique. La teigne, elle, peut apparaître n'importe où sur le corps, forme des plaques rondes bien nettes, et se distingue par un trait que les deux autres n'ont pas : elle se transmet facilement à d'autres chevaux, et à l'humain.
Ces trois affections se confondent à l'œil nu plus souvent qu'on ne le pense. C'est précisément pour cela que le diagnostic ne se fait pas au regard, mais par un examen vétérinaire.
Saviez-vous ?
- La teigne équine est due à un champignon dermatophyte, pas à une bactérie ni à un parasite externe
- Elle se transmet par contact direct avec un animal infecté, mais aussi par du matériel contaminé : brosse, couverture, sangle, filet
- C'est une zoonose : une maladie qui peut passer de l'animal à l'humain, en particulier chez les enfants et les personnes immunodéprimées
- Les spores du champignon survivent longtemps hors de l'animal, ce qui explique pourquoi le matériel se désinfecte, et ne se lave pas seulement
Contagion : ce qui se transmet à l'humain
La teigne fait partie des rares affections cutanées du cheval qui se transmettent à l'humain. Chez une personne, l'infection prend souvent la forme d'une plaque rouge, ronde, qui démange et s'étend en anneau, sur les avant-bras, les mains ou le cou, c'est-à-dire les zones qui touchent le cheval pendant le pansage ou le travail au licol. Les enfants, les personnes âgées et les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies y sont plus sensibles.
Ce risque n'est pas une raison de paniquer, mais une raison d'agir avec méthode : se laver les mains et les avant-bras après tout contact avec le cheval concerné, éviter de toucher directement une plaque à mains nues, et porter des gants jetables pour le pansage et les soins pendant toute la durée du traitement. Si une plaque rouge et circulaire apparaît sur votre peau après avoir été en contact avec un cheval atteint, un avis médical s'impose, en le signalant : ce n'est pas au propriétaire de trancher entre une irritation banale et une teigne humaine.
Matériel : ce qui se contamine et doit être isolé
La contagion ne passe pas seulement par le contact direct entre chevaux. Elle passe aussi, et très concrètement, par tout ce qui touche la peau du cheval infecté : brosses et étrilles, couvertures et chemises, sangles, tapis de selle, licols et longes. Un matériel partagé entre plusieurs chevaux d'une même écurie est le mode de transmission le plus courant en pension ou en club.
Pendant le traitement, quelques gestes simples limitent la propagation :
- Réserver au cheval atteint son propre matériel de pansage, marqué et rangé à part
- Ne jamais prêter ni emprunter une couverture, une sangle ou un tapis de selle tant que le vétérinaire n'a pas confirmé la guérison
- Laver les textiles à haute température, et désinfecter le matériel non lavable avec un produit adapté, sur les conseils du vétérinaire
- Nettoyer le box, les murs et les barres de sellerie où le cheval a pu se frotter
Une pension ou une écurie qui accueille plusieurs propriétaires n'est pas un lieu où l'on peut gérer ce risque seul dans son coin : prévenir les autres détenteurs du cheval et le responsable de la structure fait partie du traitement, autant que la pommade prescrite.
Diagnostic : pourquoi rien ne se tente sans le vétérinaire
Face à une plaque suspecte, la tentation est grande d'essayer un produit du commerce en attendant de voir. C'est justement ce qu'il ne faut pas faire. La teigne se confond avec d'autres affections cutanées, et un traitement mal ciblé peut retarder le vrai diagnostic tout en laissant le cheval contagieux plus longtemps, pour les autres chevaux comme pour l'humain.
Seul un vétérinaire inscrit à l'Ordre peut confirmer une teigne, généralement par un examen de la peau et parfois par un prélèvement envoyé en laboratoire pour identifier le champignon en cause. C'est aussi lui qui décide du traitement adapté, le plus souvent des soins locaux antifongiques, parfois complétés par un traitement par voie générale selon l'étendue des lésions. Aucun de ces gestes ne se déduit d'un forum ou d'une plaque similaire vue sur un autre cheval : chaque cas se juge à l'examen.
Traitement : ce que le suivi vétérinaire implique
Une fois le diagnostic posé, le traitement s'étale sur plusieurs semaines, et sa durée exacte se décide au cas par cas avec le vétérinaire, selon l'étendue des plaques et la réponse au traitement. Un point mérite d'être connu à l'avance : la disparition visuelle des plaques ne veut pas dire que le cheval n'est plus contagieux. C'est le vétérinaire qui évalue quand l'isolement et les précautions de manipulation peuvent être levés, pas le simple aspect du poil qui repousse.
Pendant toute cette période, l'hygiène du matériel et des lieux de vie continue d'avoir autant d'importance que le soin appliqué sur la peau. Un traitement bien suivi mais un matériel resté contaminé peut faire durer l'épisode bien plus longtemps que nécessaire.
À retenir
- Une plaque ronde sans poils n'est pas anodine : elle appelle un avis vétérinaire, pas un traitement maison
- Le matériel de pansage, les couvertures et les sangles se contaminent : à isoler et à désinfecter pendant tout le traitement
- La teigne se transmet à l'humain : lavage des mains, gants, et avis médical en cas de lésion cutanée après contact
- La fin du traitement se confirme par le vétérinaire, pas par la simple repousse du poil
Après la teigne : le dossier qui suit le cheval
Un cheval change souvent de mains au fil de l'année : la pension, le vétérinaire de garde qui ne le connaît pas encore, le maréchal, un transporteur, parfois un acheteur. Si un épisode de teigne survient peu avant un changement d'écurie ou un transport, l'information doit pouvoir suivre l'animal, pour que la nouvelle structure prenne les mêmes précautions de matériel et d'isolement que celles déjà en place.
C'est ce que permet le carnet de santé de l'application Animal Place : y noter la date du diagnostic, le protocole prescrit par le vétérinaire et les dates de suivi donne un dossier prêt à montrer, plutôt qu'à reconstituer de mémoire au moment où quelqu'un d'autre en a besoin. Si les plaques persistent ou reviennent, c'est ce même dossier qui aide le vétérinaire, le vôtre ou un autre, à reprendre le suivi là où il s'est arrêté.
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Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Questions fréquentes
La teigne du cheval est-elle vraiment dangereuse pour l'humain ?
Elle n'est pas grave dans l'absolu, mais elle est réellement contagieuse : le champignon en cause peut infecter la peau humaine et provoquer une plaque rouge circulaire qui démange, surtout chez les enfants, les personnes âgées ou immunodéprimées. Se laver les mains après tout contact avec un cheval atteint, porter des gants pour le pansage, et consulter un médecin en cas de lésion cutanée suspecte reste la bonne conduite, sans dramatiser ni négliger.
Comment distinguer la teigne de la dermite estivale ou de la gale de boue ?
La dermite estivale démange fortement et touche surtout la crinière et la base de la queue, de façon saisonnière. La gale de boue se localise sur le bas des membres, en lien avec l'humidité. La teigne forme des plaques rondes sans poils, qui peuvent apparaître n'importe où sur le corps et se transmettre à d'autres chevaux et à l'humain. Ces trois affections se ressemblent parfois à l'œil nu, c'est pourquoi seul un examen vétérinaire permet de trancher avec certitude.
Le matériel de pansage doit-il être jeté après une teigne ?
Pas nécessairement. L'essentiel est de le laver à haute température pour les textiles, comme les couvertures et les tapis de selle, et de désinfecter le matériel non lavable, brosses, étrilles, sangles en cuir, avec un produit adapté conseillé par le vétérinaire. Ce qui compte est de ne rien partager avec d'autres chevaux tant que le traitement n'est pas terminé et confirmé par le vétérinaire.
Combien de temps un cheval reste-t-il contagieux après le début du traitement ?
Il n'y a pas de durée fixe : cela dépend de l'étendue des lésions et de la réponse au traitement, et seul le vétérinaire qui suit le cheval peut le confirmer. Un point important : la repousse visible du poil ne signifie pas automatiquement la fin de la contagion. Les précautions de matériel et de manipulation se maintiennent jusqu'à l'avis du vétérinaire, pas jusqu'à ce que les plaques disparaissent à l'œil.