Plus d'herbe au pré en été : comment compenser sans se tromper

par Animal Place · 30 août 2026

Plus d'herbe au pré en été : comment compenser sans se tromper

Quand la sécheresse vide le pré, distribuer du foin n'est pas un aveu d'échec : c'est la réponse. Voici la quantité repère et comment faire la transition sans troubler sa digestion.

Pourquoi lire cet article ?

  • ✓ Pourquoi l'herbe cesse de pousser en période de sécheresse, et ce que cela change pour votre cheval
  • ✓ Le repère de quantité de foin pour compenser un pré qui ne suffit plus, et comment le vérifier chez vous
  • ✓ Comment passer au foin sans perturber la digestion
  • ✓ Le risque du pré surpâturé, où le cheval broute des plantes qu'il évite d'habitude

Sécheresse : pourquoi le pré ne suffit plus

Sans eau, l'herbe arrête de pousser. C'est un mécanisme simple, mais ses conséquences sont progressives et faciles à sous-estimer : un pré qui semble encore vert continue d'être brouté, alors que sa repousse s'est arrêtée depuis plusieurs semaines. Le cheval, lui, ne change pas son comportement : il continue de passer autant de temps au pré, la tête baissée, exactement comme d'habitude.

C'est justement ce qui trompe. Le temps passé à brouter ne dit rien de ce qui est réellement ingéré. Un pré rasé au ras du sol nourrit beaucoup moins qu'un pré en pleine repousse, pour un temps de pâturage identique.

Ce qui ne se voit pas tout de suite

Une perte de poids liée à un déficit de fourrage s'installe lentement, sur plusieurs semaines, avant de devenir visible à l'œil. C'est l'une des raisons pour lesquelles distribuer du foin en été, dès que la repousse ralentit, n'est pas un aveu que le pré a échoué : c'est la réponse normale à une situation qui touche la quasi-totalité des prés en période de sécheresse.

Foin : le repère de quantité, et comment le vérifier chez vous

Un cheval consomme, en matière sèche (c'est-à-dire une fois l'eau contenue dans l'aliment retirée du calcul), environ 1,5 à 2 % de son poids vif chaque jour. Pour un cheval de 500 kg, cela représente un repère de 7,5 à 10 kg de matière sèche par jour, toutes sources de fourrage confondues, pré compris.

C'est vous qui décidez de cette quantité le plus souvent : dans la grande majorité des cas, c'est le propriétaire qui fixe lui-même la ration de fourrage, pas l'écurie ni la pension. Mais peu savent réellement combien ils distribuent, et presque personne n'a jamais pesé son foin ou fait analyser son sol. Ce n'est pas une négligence : c'est simplement une donnée qu'on n'a jamais eu l'occasion de mesurer.

Combien de foin, concrètement

Le repère se vérifie en une seule pesée. Pesez une brouettée ou un filet de foin tel que vous le distribuez habituellement, sur un pèse-personne ou une balance à bagages accrochée à un peson. Vous savez alors ce que représente une portion chez vous, et vous pouvez ajuster le nombre de distributions dans la journée pour approcher le repère de poids vif.

Le poids du cheval, lui, s'estime avec un mètre ruban de pesée, vendu en sellerie, qui donne une valeur suffisamment fiable pour ce calcul sans nécessiter de bascule.

Passer au foin sans perturber la digestion

La flore digestive d'un cheval s'adapte à ce qu'elle reçoit habituellement. Un changement brutal, un pré qui disparaît du jour au lendemain remplacé par du foin en grande quantité, peut perturber le transit. Introduire le foin progressivement, en augmentant la part qu'il représente dans la ration sur plusieurs jours plutôt qu'en un seul, laisse à la flore digestive le temps de s'ajuster.

Le même principe vaut dans l'autre sens, au retour des pluies : un pré qui repart brutalement, après des semaines de foin, mérite la même prudence.

Pré surpâturé : le risque des plantes qu'il évite d'habitude

Quand l'herbe se raréfie, le cheval ne s'arrête pas de brouter : il élargit ce qu'il accepte de manger. Des plantes qu'il ignorait quand l'herbe abondait peuvent alors se retrouver dans sa bouche, simplement parce qu'il ne reste plus grand-chose d'autre dans un pré marqué par le surpâturage.

C'est un point de vigilance à part entière, distinct de la question du foin : certaines de ces plantes peuvent être toxiques. Reconnaître les plantes à risque dans un pré est un sujet à lui seul, qui mérite une lecture dédiée plutôt qu'un paragraphe. Ce qui compte ici, c'est de savoir que le risque augmente précisément quand l'herbe manque, ce qui donne une seconde bonne raison de ne pas laisser un pré se réduire à rien avant d'apporter du foin.

Vétérinaire équin : ce que la profession recommande

Le repère de 1,5 à 2 % du poids vif reste une base générale. Un cheval âgé, en gestation, au travail intensif, ou déjà suivi pour un problème digestif ou de poids, a des besoins qui s'écartent de cette moyenne. C'est le vétérinaire équin, ou un nutritionniste équin, qui ajustera la ration au cas particulier de votre cheval, en particulier si une perte de poids ou un changement de comportement apparaît pendant la période de sécheresse.

Cet ajustement individuel est ce qu'aucun repère général, aussi utile soit-il pour se situer, ne peut remplacer.

Suivre la transition dans le journal de vie

Une pesée de foin faite une fois ne suffit pas à savoir si la ration reste adaptée dans la durée, surtout si la sécheresse se prolonge ou si le pré évolue. Noter la quantité distribuée, la date du changement, et un repère de poids ou de silhouette du cheval permet de comparer une observation à la suivante, plutôt que de se fier à une impression.

Le journal de vie de l'application Animal Place sert exactement à cela : consigner ces observations datées, les retrouver facilement, et les avoir sous la main si une visite vétérinaire devient nécessaire.

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Saviez-vous ?

  • Un pré qui semble encore vert peut avoir arrêté de repousser depuis plusieurs semaines : le temps passé à brouter ne dit rien de ce qui est réellement ingéré.
  • Le repère de ration se situe entre 1,5 et 2 % du poids vif du cheval en matière sèche, par jour, toutes sources de fourrage confondues.
  • Le risque de plantes toxiques augmente quand l'herbe se raréfie, parce que le cheval élargit alors ce qu'il accepte de brouter.
  • Peser une seule fois une brouettée ou un filet de foin suffit à connaître la quantité réellement distribuée.

À retenir

  • Distribuer du foin dès que la repousse du pré ralentit n'est pas un échec : c'est la réponse à une situation qui touche la plupart des prés en été.
  • Le repère de 1,5 à 2 % du poids vif en matière sèche se vérifie chez vous, en une seule pesée.
  • La transition vers le foin doit être progressive, sur plusieurs jours, pour ne pas perturber la digestion.
  • Un pré marqué par le surpâturage expose davantage aux plantes que le cheval évite d'habitude : un point de vigilance à part entière.
  • Un cheval âgé, en gestation, au travail intensif ou déjà suivi mérite un ajustement individuel par un vétérinaire équin.

Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Faut-il attendre que le pré soit complètement à sec avant de donner du foin ?

Non. Dès que la repousse de l'herbe ralentit visiblement, mieux vaut commencer à compléter avec du foin plutôt que d'attendre un pré totalement nu. Le cheval continue de brouter même quand le pré ne nourrit presque plus, ce qui rend le manque difficile à repérer à l'œil.

Quelle quantité de foin donner par jour à mon cheval ?

Le repère général se situe entre 1,5 et 2 % du poids vif du cheval en matière sèche par jour, toutes sources de fourrage confondues. Pour connaître la quantité que vous distribuez réellement, pesez une fois une brouettée ou un filet de foin tel que vous le donnez habituellement.

Le foin remplace-t-il complètement le pré en cas de sécheresse ?

Cela dépend de l'état du pré. Si la repousse est simplement ralentie, le foin vient compléter ce que le cheval trouve encore au pré. Si le pré est totalement à sec, le foin devient la seule source de fourrage, et la quantité distribuée doit alors couvrir tout le repère quotidien.

Comment repérer un pré surpâturé ?

L'herbe y est rase, coupée quasiment au ras du sol, avec souvent des zones de terre nue par endroits. C'est aussi dans ce type de pré que le cheval est le plus susceptible de brouter des plantes qu'il évite habituellement, faute d'autre chose à se mettre sous la dent.

Faut-il consulter un vétérinaire avant de changer la ration en été ?

Pour un cheval en bonne santé, adapter progressivement la part de foin ne nécessite pas systématiquement un avis vétérinaire. En revanche, un cheval âgé, en gestation, au travail intensif, ou qui montre une perte de poids ou un changement de comportement, mérite un ajustement individuel avec un vétérinaire équin.