Rhinopneumonie du cheval : pourquoi elle fait annuler des concours, et ce qu'un propriétaire fait

par Animal Place · 27 août 2026

Rhinopneumonie du cheval : pourquoi elle fait annuler des concours, et ce qu'un propriétaire fait

Un foyer de rhinopneumonie suffit à faire annuler un concours : le virus circule vite entre chevaux rassemblés. Voici les signes à surveiller et les gestes qui protègent le vôtre.

Pourquoi lire cet article ?

  • ✓ Comprendre ce qu'est la rhinopneumonie équine et pourquoi elle inquiète tant le monde du cheval
  • ✓ Reconnaître la forme nerveuse, la plus grave, sans la confondre avec un simple coup de fatigue
  • ✓ Savoir pourquoi une fédération suspend des concours dès qu'un foyer est déclaré
  • ✓ Connaître les gestes à faire dès aujourd'hui : température, isolement, appel au vétérinaire

Rhinopneumonie : une maladie qui circule vite entre chevaux rassemblés

La rhinopneumonie équine est une maladie virale due à un herpèsvirus équin (le plus souvent HVE-1 ou HVE-4). Elle se transmet par contact direct entre chevaux, par les sécrétions respiratoires en suspension dans l'air sur de courtes distances, mais aussi indirectement : du matériel partagé (seaux, licols, brosses, mains d'un soigneur) suffit à transporter le virus d'un box à l'autre.

C'est ce deuxième mode de transmission qui rend la maladie redoutable dans un rassemblement. Un concours hippique, une vente, un transport collectif mettent en contact des chevaux venus d'écuries différentes, avec des statuts sanitaires que personne ne connaît vraiment sur le moment.

Trois formes, pas la même gravité

L'infection ne prend pas toujours le même visage :

  • la forme respiratoire, la plus fréquente, surtout chez les jeunes chevaux : toux, jetage, fièvre, qui évoluent le plus souvent favorablement
  • la forme abortive, chez la jument gestante, qui peut provoquer un avortement tardif sans signe annonciateur
  • la forme nerveuse, la plus rare mais la plus sévère, qui touche la moelle épinière

Ces trois formes ne se succèdent pas nécessairement chez le même animal. Un cheval peut développer une forme nerveuse sans être passé par un épisode respiratoire marqué.

Forme nerveuse : une gravité réelle, à ne dramatiser ni minimiser

La forme nerveuse (myéloencéphalopathie herpèsvirique équine) se traduit par des troubles de la coordination, surtout au niveau des postérieurs, des difficultés à se lever, parfois une rétention urinaire. Dans les cas les plus sévères, le cheval ne peut plus se maintenir debout.

Aucun de ces signes ne se juge à distance. Un déficit de coordination discret et un cheval qui ne peut plus se relever n'appellent pas la même urgence, et c'est au vétérinaire qui examine l'animal de la déterminer, pas à un article. Ce qui revient au propriétaire, c'est de ne pas attendre : une fièvre associée à un manque de coordination, même léger, justifie un appel vétérinaire le jour même.

Concours annulés : ce que décide une fédération

C'est le RESPE (réseau d'épidémiosurveillance en pathologie équine) qui anime le système d'alerte et la cellule de crise sur les maladies équines non réglementées, en lien avec les vétérinaires sanitaires qui lui signalent les cas suspects. C'est aussi lui qui publie les foyers déclarés.

Quand un foyer est identifié à proximité d'un rassemblement, ou sur les lieux mêmes d'une compétition, l'organisateur ou la fédération peut décider de suspendre ou d'annuler l'événement. Ce n'est pas un signe de panique disproportionnée : c'est une mesure qui limite le brassage de chevaux venus d'écuries différentes, au moment précis où ce brassage est le plus risqué. Une décision de ce type se lit comme une précaution, pas comme un aveu de gravité exceptionnelle.

Gestes immédiats : ce qu'un propriétaire peut faire aujourd'hui

Quelques réflexes, avant même qu'un cas soit confirmé dans l'entourage :

  • prendre la température de votre cheval régulièrement, matin et soir, si un foyer est signalé près de chez vous ou après un rassemblement : la fièvre précède souvent les autres signes
  • isoler tout cheval suspect, sans attendre la confirmation du vétérinaire, et limiter au maximum les allées et venues autour de son box
  • ne jamais partager le matériel entre chevaux d'écuries différentes : seaux, licols, brosses, couvertures
  • éviter les déplacements et les rassemblements tant que la situation n'est pas éclaircie
  • appeler le vétérinaire dès l'apparition d'une fièvre ou d'un trouble neurologique, sans attendre de voir si ça passe
  • consulter les foyers déclarés par le RESPE avant un déplacement, pour situer le risque sur votre trajet

L'isolement n'a de sens que s'il est pris tôt : attendre un diagnostic pour séparer un cheval suspect du reste de l'écurie laisse le temps au virus de circuler.

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Après une alerte : centraliser ce que le vétérinaire doit savoir

Face à une suspicion, le vétérinaire qui intervient (le vôtre, ou celui de garde si l'urgence tombe un dimanche) a besoin d'aller vite : les relevés de température des derniers jours, les vaccins en cours, les contacts récents de votre cheval, ses derniers déplacements. Reconstituer tout cela au téléphone, dans l'urgence, fait perdre un temps qui compte.

La fonctionnalité Urgences de l'application Animal Place sert exactement ce moment : elle centralise ces informations utiles et permet de transmettre la fiche complète de votre cheval au vétérinaire, sans avoir à tout retrouver dans l'instant.

Saviez-vous ?

  • Le RESPE anime le système d'alerte et la cellule de crise sur les maladies équines non réglementées, à partir des signalements des vétérinaires sanitaires
  • Les trois formes de la rhinopneumonie (respiratoire, abortive, nerveuse) ne touchent pas nécessairement le même cheval ni au même moment
  • Le virus se transmet aussi indirectement, par du matériel partagé, pas seulement par contact entre chevaux

À retenir

  • Une fièvre associée à un trouble de la coordination justifie un appel vétérinaire le jour même, sans attendre
  • Isoler un cheval suspect tôt protège le reste de l'écurie ou de la pension
  • Une compétition suspendue par la fédération est une mesure de précaution, pas un verdict sur la gravité de la situation
  • Le RESPE publie les foyers déclarés : le consulter avant un déplacement aide à situer le risque

Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rhinopneumonie équine exactement ?

C'est une maladie virale due à un herpèsvirus équin, qui circule facilement entre chevaux rassemblés, par contact direct ou par du matériel partagé. Elle peut prendre une forme respiratoire, une forme abortive chez la jument gestante, ou une forme nerveuse.

Comment reconnaître la forme nerveuse chez mon cheval ?

Les signes évocateurs sont des troubles de la coordination, surtout au niveau des postérieurs, une difficulté à se lever ou une rétention urinaire. Seul un vétérinaire peut confirmer le diagnostic après examen : ces signes justifient un appel le jour même.

Pourquoi un concours est-il annulé alors qu'aucun cas n'est confirmé chez les chevaux inscrits ?

Un foyer déclaré à proximité, même sans cas confirmé sur les lieux de l'événement, peut suffire à motiver une suspension. La décision vise à limiter le brassage de chevaux venus d'écuries différentes tant que la situation n'est pas éclaircie.

Comment savoir si un foyer est déclaré près de chez moi ?

Le RESPE, réseau d'épidémiosurveillance en pathologie équine, publie les foyers déclarés à partir des signalements des vétérinaires sanitaires. Le consulter avant un déplacement permet de situer le risque.

La rhinopneumonie se soigne-t-elle ?

La prise en charge dépend de la forme et de sa gravité, évaluées par le vétérinaire qui examine l'animal. Aucun traitement ni protocole ne se décide à distance : c'est lui qui pose l'indication adaptée à votre cheval.

Faut-il isoler tous les chevaux de l'écurie si un cas est suspecté ?

L'isolement du cheval suspect est le premier geste, pris sans attendre la confirmation. La suite, comme une mise en quarantaine plus large ou une désinfection, dépend de la situation et se décide avec le vétérinaire.