Quarter Horse : les tests génétiques HYPP et PSSM à demander avant l'achat
par Animal Place · 30 août 2026
Avant d'acheter un Quarter Horse, deux maladies génétiques bien documentées, l'HYPP et la PSSM, se dépistent par un simple test. Voici ce qu'il faut demander, et pourquoi.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Ce que révèlent deux tests génétiques bien documentés chez le Quarter Horse, l'HYPP et la PSSM
- ✓ Pourquoi l'HYPP remonte à un seul étalon fondateur, et ce que ça change pour un acheteur
- ✓ Pourquoi la PSSM ne se limite pas au Quarter Horse, et ce qu'elle provoque au quotidien
- ✓ Ce qu'il faut demander avant l'achat, et à qui faire lire le résultat du test
HYPP : une mutation qui remonte à un seul étalon fondateur
La paralysie périodique hyperkaliémique, ou HYPP, est une maladie génétique bien documentée chez le Quarter Horse et les races apparentées (American Paint Horse, Appaloosa). Elle est due à une mutation du gène SCN4A, un gène qui contrôle un canal sodique dans la fibre musculaire. Cette mutation est autosomique dominante : un seul exemplaire du gène muté suffit pour que la maladie puisse s'exprimer, qu'il vienne du père ou de la mère.
Autrement dit : contrairement à d'autres maladies génétiques qui exigent que les deux parents transmettent le gène, un poulain né d'un seul parent porteur peut développer l'HYPP.
Point notable pour un acheteur : tous les chevaux atteints d'HYPP descendent d'un même étalon fondateur. La mutation n'est pas apparue de façon indépendante dans plusieurs lignées ; elle s'est diffusée par la reproduction à partir d'un seul ancêtre, très utilisé en élevage pour ses qualités de conformation musculaire. Concrètement, un pedigree qui remonte à cette lignée est un motif suffisant pour demander le test, même en l'absence de tout symptôme visible.
Les épisodes d'HYPP se manifestent par des tremblements musculaires, un relâchement de la troisième paupière, une faiblesse pouvant aller jusqu'à l'incapacité de se tenir debout, et dans les formes les plus sévères, une atteinte des muscles respiratoires. Un cheval qui semble en pleine forme entre les crises peut être porteur : c'est tout l'intérêt du test génétique, qui ne dépend d'aucun symptôme du moment.
PSSM : une myopathie qui dépasse le Quarter Horse
La myopathie par stockage de polysaccharides, ou PSSM, est une autre maladie musculaire héréditaire fréquemment recherchée chez le Quarter Horse. La forme la plus documentée, dite PSSM de type 1, est liée à une mutation du gène GYS1, qui intervient dans le stockage du glycogène, la réserve d'énergie du muscle. Le muscle du cheval atteint accumule un glycogène anormal, ce qui provoque une gêne à l'effort.
Elle ne se limite pas au Quarter Horse : la même mutation touche aussi des races de trait, ce qui montre qu'elle s'est diffusée bien au-delà d'une seule filière d'élevage.
Chez le cheval atteint, les signes vont d'une raideur et de crampes musculaires après un effort modéré jusqu'à des épisodes plus sévères, une rhabdomyolyse, c'est-à-dire un coup de sang musculaire, avec des urines foncées. Certains chevaux porteurs restent longtemps peu symptomatiques si leur alimentation et leur exercice sont adaptés, ce qui explique pourquoi la PSSM passe parfois inaperçue avant l'achat.
Le test génétique : ce qu'il dit, ce qu'il ne dit pas
Le test HYPP et le test PSSM se font tous les deux à partir d'un prélèvement, du poil avec bulbe le plus souvent, envoyé à un laboratoire de génétique équine. Le résultat indique si le gène muté est présent, pas si le cheval a déjà eu ou aura une crise. C'est une différence importante : un cheval porteur peut ne jamais avoir présenté le moindre signe, et un test négatif ne dit rien des autres maladies héréditaires du cheval.
Autrement dit : le test génétique répond à une question de risque, pas à une question de diagnostic. Seul un vétérinaire équin peut interpréter ce résultat dans le contexte de l'examen clinique du cheval, et déterminer ce qu'il implique concrètement pour son usage, sa ration et son suivi (Pratique Vétérinaire Équine).
Avant l'achat : ce qu'il faut demander, et à qui
Pour un Quarter Horse, en particulier s'il descend d'une lignée reconnue pour l'une de ces deux mutations, deux options existent avant de conclure l'achat. La première : demander au vendeur si un test HYPP ou PSSM a déjà été réalisé, et en obtenir une copie du certificat de laboratoire, pas seulement une affirmation orale. La seconde, si aucun test n'a été fait : l'inclure dans la visite d'achat, au même titre qu'un examen locomoteur ou radiographique.
Ce n'est pas une marque de méfiance envers le vendeur. La plupart des éleveurs sérieux connaissent ces deux maladies et ne voient aucun inconvénient à fournir ou à faire réaliser ce test : c'est un renseignement de plus sur le cheval, pas une mise en cause. C'est le vétérinaire qui accompagne l'achat qui est le mieux placé pour indiquer si un test est pertinent compte tenu du pedigree et de l'usage prévu du cheval, et pour organiser le prélèvement si nécessaire.
Après le test : conserver le résultat, pas seulement le lire
Un résultat de test génétique n'a de valeur que s'il reste accessible le jour où il compte : à la prochaine visite vétérinaire, en cas de changement de pension, ou si le cheval est un jour revendu. Un certificat de laboratoire égaré dans un dossier papier ne sert à personne, et le refaire n'a aucun sens puisque le résultat ne change pas dans le temps.
Le carnet de santé de l'application Animal Place permet de conserver ce type de document aux côtés de l'identification et du suivi vétérinaire du cheval, et de le transmettre en quelques minutes à un vétérinaire qui ne le connaît pas encore.
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Saviez-vous ?
- L'HYPP est une mutation autosomique dominante du gène SCN4A : un seul exemplaire du gène muté suffit pour que la maladie puisse s'exprimer
- Tous les chevaux atteints d'HYPP descendent d'un même étalon fondateur, très utilisé en élevage Quarter Horse
- La PSSM de type 1, liée au gène GYS1, touche aussi des races de trait, pas seulement le Quarter Horse et les races apparentées
- Un test génétique négatif ou positif ne dit rien des autres maladies héréditaires du cheval
À retenir
- L'HYPP et la PSSM se recherchent par un test génétique simple, à partir d'un prélèvement de poil
- Un résultat positif signale un risque, pas une maladie déjà présente : seul un vétérinaire équin peut l'interpréter
- Avant l'achat, demander le certificat de test s'il existe, ou l'intégrer à la visite d'achat
- Le résultat se conserve : il sert à chaque nouveau vétérinaire ou pension, pas une seule fois
Bon à savoir
Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Questions fréquentes
Faut-il tester tous les Quarter Horse pour l'HYPP et la PSSM ?
Ce n'est pas systématique. C'est surtout pertinent quand le pedigree remonte à une lignée connue pour l'une de ces deux mutations, ou en l'absence totale d'information sur les origines du cheval. Le vétérinaire équin qui accompagne l'achat est le mieux placé pour dire si un test est utile dans ce cas précis.
Un résultat positif signifie-t-il que mon cheval sera malade ?
Non. Le test indique la présence du gène muté, pas qu'une crise se produira. Certains chevaux porteurs restent peu symptomatiques toute leur vie, en particulier avec une alimentation et un exercice adaptés. C'est un marqueur de risque, que seul un vétérinaire équin peut interpréter dans le contexte du cheval.
Comment se déroule le test génétique HYPP ou PSSM ?
Le test se fait à partir d'un prélèvement, le plus souvent des poils avec bulbe, envoyé à un laboratoire de génétique équine. Il ne nécessite pas d'anesthésie ni d'hospitalisation. Le vétérinaire peut organiser ce prélèvement, notamment dans le cadre d'une visite d'achat.
Le test génétique remplace-t-il la visite vétérinaire d'achat ?
Non, il la complète. La visite d'achat couvre l'examen clinique, locomoteur et parfois radiographique du cheval. Le test génétique apporte une information supplémentaire, sur un risque héréditaire que l'examen clinique seul ne peut pas révéler.
Que faire si le vendeur n'a pas de certificat de test ?
Cela ne signifie pas que le cheval pose un problème : beaucoup de chevaux n'ont simplement jamais été testés. Il reste possible de demander la réalisation du test avant la conclusion de la vente, en particulier si le pedigree ou l'usage prévu du cheval le justifie.