Oreilles et queue coupées : ce que le règlement européen interdit, et ce qu'il faut vérifier avant d'acheter

par Lena Issa · Animal Place · 17 septembre 2026

Oreilles et queue coupées : ce que le règlement européen interdit, et ce qu'il faut vérifier avant d'acheter

Le règlement européen interdit désormais aux éleveurs de couper les oreilles ou la queue d'un chiot sans motif médical : ce qui change, et ce qu'il faut vérifier avant d'acheter.

Pourquoi lire cet article ?

  • Le règlement (UE) 2026/1818 interdit aux éleveurs les mutilations sans motif médical, et cela concerne tous les chiens, avec ou sans papiers.
  • La France a déjà sa propre histoire sur ce sujet : l'otectomie y est interdite depuis 2004, la caudectomie reste permise par une réserve française.
  • Ces règles s'adressent aux éleveurs et aux vendeurs, jamais à un chien déjà acheté : rien ne devient illégal pour l'animal qui vit déjà chez vous.
  • Avant d'acheter un chiot, il existe des points précis à vérifier sur ses oreilles, sa queue et la forme de son museau.

Mutilations : ce que le règlement européen interdit aux éleveurs

Le règlement (UE) 2026/1818 est paru au Journal officiel de l'Union européenne le 10 août 2026 et il est en vigueur depuis le 30 août. Son application générale, le 31 août 2028, interdit aux éleveurs plusieurs pratiques : les mutilations sans motif médical, c'est-à-dire l'otectomie (coupe des oreilles), la caudectomie (coupe de la queue) et l'onychectomie (retrait des griffes), les croisements entre parents et descendants ou entre frères et sœurs, et la sélection de conformations extrêmes qui nuisent à la santé de l'animal.

En France, une partie de ce chemin est déjà faite. L'otectomie, la coupe des oreilles, est interdite depuis 2004 : aucun éleveur français n'a le droit de la pratiquer, quelle que soit la race. La caudectomie, la coupe de la queue, reste en revanche permise chez nous, parce que la France a formé une réserve à la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie qui l'y autorise pour certaines races. C'est ce deuxième point que le règlement européen va faire évoluer, par étapes.

Le calendrier avance en trois temps. L'application générale démarre le 31 août 2028. Les obligations qui pèsent spécifiquement sur les éleveurs et les vendeurs professionnels s'appliquent à partir du 31 août 2030. Elles s'étendent ensuite aux particuliers qui font naître une portée, le 31 août 2036 pour le chien et le 31 août 2041 pour le chat.

Un point à retenir avant tout le reste : ce règlement encadre qui peut faire naître et vendre un chiot, pas le fait de détenir l'animal qu'on a déjà. Un chien acheté avant ou pendant cette période, oreilles coupées ou non, ne devient illégal à aucun moment pour son propriétaire.

Sélection extrême : le museau plat aussi concerné

La coupe des oreilles se voit. La sélection d'une conformation extrême, elle, s'installe génération après génération sans qu'aucun geste ne la signale : un museau de plus en plus court, un crâne de plus en plus rond. C'est pourtant elle que le règlement vise aussi, au même titre que les mutilations, dès son application générale de 2028.

Un museau très raccourci n'est pas qu'une question d'apparence : il peut s'accompagner de difficultés respiratoires. C'est un vétérinaire, lors d'un examen, qui évalue si la conformation d'un chiot expose à ce genre de gêne, jamais une photo ni la réputation d'un élevage.

Ailleurs en Europe : ce que d'autres pays ont déjà tranché

La France n'invente rien seule, et regarder ce que d'autres pays ont déjà décidé aide à situer une pratique qu'on pourrait croire normale. Le Royaume-Uni interdit depuis le 1er janvier 2026 l'importation de chiens aux oreilles ou à la queue coupées : un chiot mutilé, même né hors de ses frontières, ne peut plus y entrer. Les Pays-Bas interdisent depuis 2019 la reproduction des chiens dont le museau fait moins de la moitié de la longueur du crâne, et depuis le 1er janvier 2026 la vente des chats à oreilles pliées.

Concrètement, pour un acheteur français : si un éleveur présente des oreilles coupées ou un museau extrêmement raccourci comme un trait normal de la race, ce n'est déjà plus vrai nulle part en Europe. La direction est la même partout, la France suit son propre calendrier.

Saviez-vous ?

  • L'otectomie, la coupe des oreilles, est interdite en France depuis 2004.
  • La caudectomie, la coupe de la queue, reste permise chez nous grâce à une réserve française à la Convention européenne.
  • Le Royaume-Uni interdit depuis le 1er janvier 2026 l'importation de chiens aux oreilles ou à la queue coupées.
  • Les Pays-Bas interdisent depuis 2019 la reproduction des chiens dont le museau fait moins de la moitié du crâne.

« De race » ou « d'apparence » : une nuance qui protège l'acheteur

« De race » n'est pas qu'un mot flatteur, c'est une qualification encadrée par la loi. Elle suppose que l'animal soit inscrit à un livre des origines reconnu : le LOF pour le chien, le LOOF pour le chat. Sans cette inscription, le cédant doit indiquer clairement que l'animal « n'appartient pas à une race », ou employer la formule « d'apparence » suivie du nom d'une race, s'il peut garantir cette apparence à l'âge adulte.

Autrement dit : un chiot qui ressemble à un berger allemand n'est un berger allemand, au sens légal, que s'il a son pedigree LOF. Employer « de race » sans papiers est considéré comme une tromperie par les tribunaux. Un acheteur qui vérifie ce point avant de signer évite une déception qui arrive après, quand le pedigree promis ne suit jamais.

La majorité des chiens qui vivent en France n'ont pas de pedigree, qu'ils viennent d'un élevage, d'un refuge, d'une association ou d'un particulier, et cela ne dit rien de leur valeur : cette précision protège l'acheteur au moment de l'achat, elle ne classe pas les chiens entre eux. Elle compte aussi pour la santé : qu'un chiot ait un pedigree ou non ne change rien aux prédispositions liées à son type morphologique. Un chien « d'apparence » berger australien ou bouledogue porte les mêmes questions de conformation qu'un chien inscrit au LOF.

Avant l'achat : l'avis d'un vétérinaire pèse plus qu'un pedigree

Un pedigree atteste une filiation, il ne dit rien de la façon dont un chiot respire, se déplace ou vieillira. Face à un chiot dont les oreilles semblent avoir été coupées, dont la queue est anormalement courte, ou dont le museau paraît très raccourci, la question à poser n'est pas « est-il de race » mais « qu'en pense un vétérinaire ».

C'est lui, et lui seul, qui peut examiner la conformation d'un chiot et signaler ce qui justifie une attention particulière. Ni un éleveur, ni un site d'annonces, ni un pedigree ne remplacent cet examen.

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Trouver un vétérinaire avant de signer, pas seulement après

La démarche la plus utile n'est pas de lire davantage sur le sujet, mais de faire examiner le chiot avant que l'achat ne soit définitif, ou dans les tout premiers jours qui suivent. Un vétérinaire proche de chez vous peut donner un avis sur la conformation de l'animal, ses oreilles, sa queue si elle a été coupée, et la forme de son museau. L'annuaire de professionnels d'Animal Place permet de trouver ce vétérinaire près de chez vous et de préparer ce rendez-vous, plutôt que de se fier à une seule visite d'élevage.

À retenir

  • Le règlement (UE) 2026/1818 interdit les mutilations sans motif médical et la sélection de conformations extrêmes, avec une application générale au 31 août 2028.
  • Ces règles visent les éleveurs et les vendeurs, jamais le chien déjà acheté.
  • « De race » suppose un pedigree LOF ou LOOF ; sans lui, on parle d'un chien « d'apparence ».
  • Avant d'acheter, l'avis d'un vétérinaire sur la conformation du chiot vaut plus qu'une promesse de vendeur.

Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Mon chien a déjà les oreilles coupées : est-ce que cela pose un problème ?

Non. Le règlement européen et la loi française encadrent ce que les éleveurs et les vendeurs ont le droit de faire, pas la détention d'un animal déjà acheté. Un chien dont les oreilles ont été coupées avant l'achat ne devient illégal à aucun moment pour son propriétaire.

La coupe de la queue est-elle interdite en France ?

L'otectomie, la coupe des oreilles, est interdite depuis 2004. La caudectomie, la coupe de la queue, reste permise pour l'instant grâce à une réserve française à la Convention européenne, mais le règlement (UE) 2026/1818 fait évoluer ce cadre par étapes, avec une application générale au 31 août 2028.

Qu'est-ce qu'un chien « d'apparence » d'une race ?

C'est un chien qui ressemble à une race donnée sans être inscrit au livre des origines reconnu, le LOF. Le cédant qui vend un tel chiot doit l'indiquer clairement, en écrivant « d'apparence » suivi du nom de la race ou en précisant que l'animal n'appartient pas à une race, faute de quoi il s'expose à une qualification de tromperie.

Comment vérifier la conformation d'un chiot avant de l'acheter ?

Aucune photo ni promesse d'éleveur ne remplace l'avis d'un vétérinaire, qui examine les oreilles, la queue et la forme du museau du chiot. L'annuaire de professionnels d'Animal Place permet de trouver un vétérinaire près de chez vous pour un avis avant l'achat ou dans les tout premiers jours.

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