Le flehmen chez le cheval : pourquoi il retrousse la lèvre supérieure
par Animal Place · 30 août 2026
Un cheval qui retrousse la lèvre supérieure et lève le nez ne rit pas et ne dégoûte de rien : ce geste, le flehmen, capte une odeur précise.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Comprendre ce que fait réellement votre cheval quand il retrousse la lèvre
- ✓ Reconnaître les situations où ce geste est parfaitement normal
- ✓ Savoir quand ce même geste doit vous alerter
- ✓ Ce que dit l'odorat du cheval sur la façon dont il perçoit son environnement
Flehmen : un réflexe olfactif, pas une grimace
Vous l'avez sans doute observé : votre cheval renifle quelque chose, relève la tête, retrousse sa lèvre supérieure et reste ainsi immobile quelques secondes, parfois les naseaux presque fermés. Ce comportement porte un nom : le flehmen.
Ce n'est ni un rire, ni une expression de dégoût, même si la posture y ressemble. C'est un geste de captation d'odeur. En relevant la lèvre et en bloquant sa respiration, le cheval pousse l'air chargé de molécules odorantes vers un organe particulier, situé au-dessus du palais et relié à la cavité nasale : l'organe voméronasal. Autrement dit : le nez habituel du cheval capte les odeurs courantes, tandis que cet organe complémentaire est spécialisé dans des molécules plus fines, notamment celles liées à la reproduction et à l'identification d'un congénère.
Le flehmen n'appartient pas qu'au cheval. D'autres mammifères l'utilisent, dont le chat et la chèvre, avec la même fonction : capter une information olfactive que le nez seul ne suffit pas à décoder.
Contextes ordinaires : ce que sent votre cheval au quotidien
Le flehmen n'est pas réservé à l'étalon qui flaire l'urine d'une jument. C'est le contexte le plus connu, mais il est loin d'être le seul : juments et hongres font aussi ce geste, sans aucun lien avec la reproduction.
Il apparaît le plus souvent après une odeur nouvelle ou inhabituelle : le crottin d'un cheval inconnu, une plante qu'il n'a jamais sentie, un parfum ou une lotion sur les mains de son propriétaire, parfois même une odeur médicamenteuse après un soin. Le cheval prend simplement le temps d'analyser ce qu'il vient de rencontrer.
Dans ce cas, le geste dure quelques secondes et se termine seul, sans autre signe associé. Le cheval reprend aussitôt son comportement habituel : il broute, il observe, il se déplace.
Douleur : le signe qui ne doit pas passer inaperçu
Le flehmen a un second visage, moins connu, et c'est celui qui justifie d'y prêter attention. Une tension du museau et des lèvres proche du flehmen figure parmi les signes que les vétérinaires surveillent pour évaluer une douleur, en particulier une douleur abdominale.
Un cheval qui répète ce geste sans cause olfactive évidente, surtout s'il montre d'autres signes (il regarde ses flancs, se couche et se relève souvent, gratte le sol, transpire sans effort, refuse de manger), ne relève plus de la simple curiosité. Réunis, ces signes évoquent une colique, une urgence pour laquelle chaque heure compte.
Le flehmen isolé, ponctuel, après avoir reniflé quelque chose de précis, n'a rien d'inquiétant. C'est sa répétition en dehors de tout contexte olfactif, associée à d'autres signes de mal-être, qui doit conduire à contacter un vétérinaire équin sans attendre. Lui seul peut examiner votre cheval et déterminer ce qui se passe réellement.
Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Odorat : un sens plus développé qu'il n'y paraît
L'odorat du cheval fait bien plus que reconnaître un congénère. Il sert à identifier ce qui est comestible et ce qui ne l'est pas avant même de goûter, à reconnaître son propriétaire ou un autre animal familier, et à s'orienter dans un environnement qu'il connaît déjà.
Cette sensibilité explique aussi pourquoi certains chevaux refusent une ration à laquelle on a ajouté un nouveau complément, ou se montrent méfiants face à un seau ayant contenu un autre produit : ce que nous ne sentons pas, lui le perçoit.
Saviez-vous ?
- Le flehmen fait intervenir l'organe voméronasal, situé au-dessus du palais du cheval.
- Juments, hongres et étalons peuvent tous manifester ce geste, pas seulement l'étalon en présence d'une jument.
- Le chat et la chèvre présentent le même réflexe, pour la même raison.
Journal de vie : garder la trace de ce que vous observez
Un flehmen isolé ne se raconte pas à un vétérinaire, il s'oublie. C'est justement la répétition, la fréquence et le contexte qui font la différence entre un comportement normal et un signal à surveiller, et ces informations se perdent vite d'une semaine sur l'autre.
Noter dans le journal de vie de l'application Animal Place la date, le contexte et la fréquence de ce que vous observez donne une base concrète à partager avec votre vétérinaire le jour où une question se pose, plutôt qu'un souvenir approximatif de ce qui s'est passé « plusieurs fois cette semaine ».
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À retenir
- Le flehmen est un geste de captation d'odeur, ni du rire ni du dégoût.
- Isolé et bref après une odeur précise, il est normal, chez la jument et le hongre comme chez l'étalon.
- Répété sans cause olfactive et accompagné d'autres signes, il peut signaler une douleur, notamment une colique.
- Noter le contexte dans un journal de vie aide à distinguer les deux situations avec votre vétérinaire.
Questions fréquentes
Le flehmen est-il un signe de bonheur ou de mécontentement chez le cheval ?
Ni l'un ni l'autre. Le flehmen est un réflexe olfactif : le cheval retrousse la lèvre pour pousser une odeur vers l'organe voméronasal, situé au-dessus du palais. Il ne traduit en soi ni une émotion positive ni une émotion négative.
Seul l'étalon fait-il ce geste ?
Non, c'est une idée reçue. L'étalon le fait fréquemment en présence d'une jument, mais juments et hongres présentent aussi ce comportement face à une odeur nouvelle ou inhabituelle, sans lien avec la reproduction.
À partir de quand le flehmen doit-il inquiéter ?
Un flehmen isolé après avoir reniflé quelque chose de précis n'a rien d'anormal. C'est sa répétition sans cause olfactive évidente, surtout associée à d'autres signes comme regarder ses flancs, se coucher et se relever souvent ou refuser de manger, qui doit conduire à contacter un vétérinaire équin sans attendre.
Le flehmen peut-il être lié à une colique ?
Une tension du museau proche du flehmen fait partie des signes que les vétérinaires surveillent pour évaluer une douleur abdominale chez le cheval. Associé à d'autres signes de mal-être, il fait partie d'un tableau qui doit être examiné rapidement par un vétérinaire, seul habilité à poser un diagnostic.
Comment garder trace de ce comportement dans le temps ?
Noter la date, le contexte et la fréquence des épisodes dans un journal de vie, comme celui de l'application Animal Place, permet de distinguer un geste isolé et normal d'une répétition qui mérite d'en parler à votre vétérinaire.