Bien nourrir son cheval : le guide de l'alimentation équine

par Animal Place · 9 juillet 2026

Bien nourrir son cheval : le guide de l'alimentation équine

Le cheval est une machine à digérer les fibres, conçue par des millions d'années d'évolution pour brouter presque sans interruption. Le nourrir correctement, ce n'est pas seulement remplir une mangeoire : c'est respecter une physiologie digestive singulière et fragile, dont dépendent sa santé, son énergie et son bien-être.

Quelle place pour le foin et les concentrés ? Pourquoi tant de précautions ? Comment éviter les redoutables coliques ? Ce guide revient aux fondamentaux de l'alimentation du cheval, explique sa digestion si particulière et les erreurs à ne pas commettre — toujours en lien avec le vétérinaire ou le nutritionniste équin, seuls à même d'établir une ration précise et adaptée.

Pourquoi lire cet article ?

✓ comprendre la digestion très particulière du cheval ;

✓ pourquoi le fourrage doit être la base absolue ;

✓ la juste place des concentrés ;

✓ les erreurs qui provoquent coliques et ulcères.

Comprendre la digestion du cheval

Tout part de son anatomie. Le cheval est un herbivore monogastrique (à estomac unique) au tube digestif conçu pour ingérer des fibres en continu. Dans la nature, il broute quinze à seize heures par jour. Deux particularités en découlent, essentielles à connaître.

D'abord, son estomac est petit (une dizaine de litres) par rapport à sa taille : il n'est pas fait pour recevoir de gros repas. Ensuite, et c'est capital, cet estomac sécrète de l'acide en permanence, même lorsque le cheval ne mange pas. Si l'estomac reste vide trop longtemps, cette acidité attaque sa paroi et favorise les ulcères gastriques. C'est pourquoi le cheval a besoin de manger souvent, presque en continu — un jeûne prolongé lui est néfaste. Toute son alimentation doit respecter cette logique du « peu à la fois, mais souvent ».

Le fourrage : la base absolue

La conséquence directe est limpide : le fourrage — herbe, foin, enrubanné — doit constituer la base de la ration, et de loin. On considère qu'un cheval consomme chaque jour l'équivalent d'environ 1,5 à 2 % de son poids en fourrage, idéalement disponible à volonté ou réparti sur la journée.

Ses bénéfices sont multiples et précieux. Le fourrage, riche en fibres longues, demande une mastication prolongée qui produit une grande quantité de salive — et cette salive joue un rôle tampon, neutralisant l'acidité de l'estomac et prévenant les ulcères. Ce temps passé à manger occupe le cheval et limite l'ennui, source de comportements anormaux (les stéréotypies, comme le tic à l'appui). Enfin, les fibres entretiennent le bon fonctionnement de tout l'intestin. Un foin de qualité, propre, non poussiéreux, est donc le meilleur allié de la santé du cheval. On veille aussi à un accès permanent à une eau propre : un cheval boit couramment plusieurs dizaines de litres par jour.

Le saviez-vous ?

• L'estomac du cheval sécrète de l'acide en permanence, même à jeun.

• À l'état naturel, un cheval broute 15 à 16 heures par jour.

• On distribue toujours le fourrage avant les concentrés.

• Un cheval peut boire plusieurs dizaines de litres d'eau par jour.

Les concentrés : un complément, pas une base

Les concentrés (céréales, granulés, floconnés) sont riches en énergie, en protéines et en minéraux. Ils ont leur utilité : compléter les apports du fourrage lorsque les besoins augmentent — un cheval de sport, une jument en lactation, un cheval âgé. Mais ils ne sont qu'un complément, jamais la base, et s'utilisent avec modération.

Pourquoi tant de prudence ? Parce qu'un excès d'amidon (très présent dans les céréales) dépasse les capacités de l'intestin grêle : l'amidon non digéré file dans le gros intestin, où il fermente et provoque une acidose qui déséquilibre la flore microbienne. Les conséquences peuvent être graves : coliques, diarrhées, fourbure, ulcères. Quelques règles d'or permettent de sécuriser leur usage : distribuer le fourrage avant le concentré (pour que le cheval soit déjà rassasié et que la mastication imprègne bien l'aliment de salive), limiter la quantité de concentré par repas, et fractionner les apports en plusieurs prises. Le choix de l'aliment dépend toujours de l'activité, de l'âge et de l'état du cheval.

Les tendances actuelles

La nutrition équine évolue, avec des approches qui cherchent à mieux respecter la physiologie du cheval.

Les aliments sans céréales (ou « low starch », pauvres en amidon) gagnent du terrain : en réduisant les pics de sucre, ils sont souvent recommandés pour les chevaux sensibles, sujets aux ulcères, à la fourbure ou à certains troubles métaboliques. Les aliments hyper-fibre (à base de pulpe de betterave, de luzerne…) apportent de l'énergie via les fibres plutôt que l'amidon. Il existe aussi des formules seniors, plus digestibles, pour les chevaux âgés dont la dentition et la digestion se fragilisent. Enfin, quand le cheval est nourri au foin seul, un complément minéral vitaminé (CMV) peut s'avérer utile pour équilibrer les apports en minéraux et vitamines. Ces choix, pertinents dans bien des cas, gagnent à être validés par un professionnel selon le profil de chaque cheval.

Les erreurs à éviter

Beaucoup de troubles digestifs découlent d'erreurs évitables. Les plus fréquentes : donner trop de concentrés au détriment du fourrage ; changer brutalement d'alimentation (toute transition doit se faire très progressivement, sur deux à trois semaines, le temps que la flore intestinale s'adapte) ; laisser le cheval sans eau ou à jeun trop longtemps ; et nourrir juste avant ou après un effort intense, ce qui perturbe la digestion. On respecte des horaires réguliers, on surveille la qualité du foin, on adapte selon les saisons (attention à l'herbe de printemps, riche, qui peut déclencher une fourbure), et l'on observe son cheval chaque jour. Toute perte d'appétit, tout signe de colique (cheval qui se couche, se regarde le flanc, gratte) est une urgence : on appelle sans attendre le vétérinaire. L'annuaire géolocalisé Animal Place aide à trouver un vétérinaire équin rapidement.

Ce qu'il faut retenir

Bien nourrir son cheval, c'est avant tout respecter sa nature d'herbivore fait pour manger en continu : le fourrage comme base absolue, disponible en quantité, et les concentrés comme simple complément, utilisés avec parcimonie et toujours après le foin. C'est aussi éviter les erreurs classiques — excès de céréales, changements brusques, jeûnes — qui mènent aux coliques et aux ulcères. Une ration bien pensée, adaptée à chaque cheval et validée par un professionnel, est la clé d'une santé de fer et d'un cheval épanoui.

Chez Animal Place, nous portons une attention particulière au cheval, cet athlète herbivore aux besoins si précis. Notre rôle : vous aider à trouver le bon vétérinaire ou nutritionniste équin et à suivre la santé de votre cheval, à l'écurie comme au pré.

À retenir

✓ Le cheval a un petit estomac qui sécrète de l'acide en continu : il doit manger souvent.

✓ Le fourrage est la base absolue (environ 1,5 à 2 % du poids par jour).

✓ Les concentrés ne sont qu'un complément, à donner après le foin et avec modération.

✓ Toute transition alimentaire se fait très progressivement, sur 2 à 3 semaines.

✓ Excès de concentrés, jeûne et changements brusques favorisent coliques et ulcères.

FAQ — L'alimentation du cheval

Quelle doit être la base de l'alimentation d'un cheval ?

Le fourrage (herbe, foin, enrubanné), qui doit représenter l'essentiel de la ration, à hauteur d'environ 1,5 à 2 % du poids du cheval par jour. Il respecte sa digestion en continu et prévient ulcères et troubles digestifs.

Pourquoi ne faut-il pas donner trop de concentrés ?

Un excès d'amidon dépasse les capacités de l'intestin grêle et fermente dans le gros intestin, provoquant une acidose qui peut mener à des coliques, ulcères ou fourbure. Les concentrés restent un complément, à limiter par repas.

Comment changer l'alimentation de son cheval ?

Très progressivement, sur deux à trois semaines, en remplaçant petit à petit l'ancien aliment par le nouveau. Cela laisse à la flore intestinale le temps de s'adapter et évite les troubles digestifs liés à un changement brutal.

Faut-il nourrir son cheval avant ou après le travail ?

Ni juste avant, ni juste après un effort intense, car cela perturbe la digestion et augmente le risque de colique. On distribue le fourrage à distance de l'effort et on attend que le cheval soit calme et sec avant les concentrés.

Liens externes et sources officielles

IFCE — Bien nourrir son cheval (Équipédia) : equipedia.ifce.fr

Ordre national des vétérinaires — Fiches pratiques : veterinaire.fr

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Bon à savoir

Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, faites appel sans attendre à votre vétérinaire habituel ou au vétérinaire le plus proche de chez vous — lui seul est habilité à poser un diagnostic et à prescrire un traitement. L'annuaire géolocalisé Animal Place vous aide à trouver rapidement un professionnel près de chez vous.

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