Maladies du cheval : quelles sont les plus fréquentes ?
par
Nicolas Letullier
·
Animal Place
·
30 septembre 2026
Peau, locomoteur, digestif : les propriétaires de chevaux ne vivent pas les mêmes soucis de santé avec la même fréquence. Voici ce qu'ils déclarent le plus dans l'année, et comment le noter.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Ce que les propriétaires de chevaux déclarent le plus souvent dans l'année, chiffres à l'appui
- ✓ Pourquoi un problème très répandu n'est pas forcément celui qui coûte le plus cher à soigner
- ✓ Les bons réflexes face à un signe cutané, une boiterie ou un épisode digestif
- ✓ Comment garder une trace de chaque épisode, utile au quotidien et le jour où un vétérinaire découvre votre cheval
Peau : la famille de problèmes la plus déclarée
Le Baromètre Passion Cheval 2026, une enquête menée par Hippolia Lab pour le compte d'Equidassur auprès de 888 propriétaires de chevaux, chiffres déclarés par les répondants eux-mêmes, donne une photographie de ce qui touche les chevaux dans l'année. Equidassur est un courtier spécialisé en assurance équine.
Premier constat : 71 % des propriétaires interrogés déclarent au moins un épisode cutané dans l'année sur l'un de leurs chevaux. C'est la famille de problèmes la plus citée, loin devant les autres.
Selon l'IFCE, la gale de boue, qui touche les paturons dans des conditions humides, et le sarcoïde équin, la tumeur cutanée la plus fréquente chez le cheval, comptent parmi les affections cutanées les plus rencontrées. Autrement dit : la peau est souvent le premier endroit où un problème se voit, avant même qu'il ne gêne le cheval. Un changement d'aspect du poil, une croûte ou une boursouflure qui ne disparaît pas méritent un avis. Seul un examen clinique permet de dire de quoi il s'agit réellement : la peau du cheval réagit à des causes très différentes, et deux lésions qui se ressemblent peuvent avoir des origines opposées.
Locomoteur : la deuxième famille, et souvent la plus redoutée
62 % des propriétaires interrogés pour ce même baromètre déclarent au moins un épisode locomoteur dans l'année. C'est la famille qui vient immédiatement après la peau, et celle qui inquiète le plus, parce qu'elle touche à ce pour quoi le cheval est monté ou mené.
Selon l'IFCE, un abcès de pied est l'une des causes les plus fréquentes de boiterie soudaine et sévère chez le cheval : le membre devient brusquement difficile à poser, alors que rien ne le laissait deviner la veille. D'autres boiteries s'installent au contraire progressivement, sur plusieurs jours. Dans les deux cas, la même règle s'applique : décrire précisément ce qu'on observe, depuis quand, à quel degré, sur quel membre, au repos ou seulement au travail, permet à votre vétérinaire d'orienter son examen plus vite. Ce n'est ni à vous ni à un article de trancher entre une cause bénigne et une cause qui demande une prise en charge rapide.
Digestif, respiratoire, dentaire : ce que les propriétaires signalent aussi
Trois autres familles suivent, dans le même baromètre : 37 % des propriétaires déclarent un épisode digestif dans l'année, le plus souvent des signes de colique, 35 % un épisode respiratoire, et 25 % un épisode dentaire.
Sur le respiratoire, la vigilance collective compte particulièrement : le RESPE, le réseau français d'épidémiosurveillance en pathologie équine, recense les foyers de maladies respiratoires équines déclarés, grippe équine ou rhinopneumonie, et publie ses alertes par maladie et par département. Suivre ces alertes est utile avant un déplacement ou un rassemblement de chevaux.
Le dentaire, enfin, est souvent le moins visible au quotidien. Selon l'IFCE, un cheval qui mâche plus lentement ou qui laisse tomber des boulettes de fourrage mal mâché peut avoir un problème dentaire, sans que rien ne se voie de l'extérieur. C'est un des rares points de ce baromètre où l'examen régulier, plutôt que le signe d'alerte, fait la différence.
Fréquent ne veut pas dire grave : ce que montrent les sinistres
Ce que les propriétaires déclarent le plus n'est pas forcément ce qui coûte le plus cher à soigner. Sur les sinistres qu'Equidassur a enregistrés en 2024 et 2025, les problèmes locomoteurs et musculo-squelettiques représentent 38 % des dossiers, les problèmes digestifs 19 %, les problèmes cutanés 14 %, les troubles métaboliques 13 % et les problèmes respiratoires 7 %.
Autrement dit : la peau, qui arrive en tête des épisodes déclarés par les propriétaires, occupe une place plus modeste dans les sinistres traités par l'assureur, quand le locomoteur, moins fréquent dans l'année, pèse presque trois fois plus dans les dossiers. Ce n'est pas contradictoire : un problème de peau se règle souvent vite et à moindre coût, quand une boiterie ou un trouble digestif peut demander un suivi plus long. Ce n'est pas une raison de minimiser un problème de peau qui s'installe, ni de dramatiser une boiterie qui se résout en quelques jours. C'est une raison de plus de noter ce qui arrive, pour vous en souvenir le jour où la question se pose vraiment.
Garder trace de chaque épisode, pour vous et pour le vétérinaire
Un baromètre donne une moyenne sur 888 chevaux. Pour savoir ce qu'il en est du vôtre, il n'y a pas de raccourci : il faut le noter, épisode après épisode. Combien de fois cette année ? Sur quel membre, la dernière fois ? Depuis quand cette toux revient-elle ? Ce sont des questions auxquelles seul un carnet tenu à jour peut répondre, des mois plus tard.
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Saviez-vous ?
- 71 % des propriétaires de chevaux déclarent un épisode cutané dans l'année, et 62 % un épisode locomoteur (Baromètre Passion Cheval 2026, Equidassur, enquête Hippolia Lab, 888 répondants, chiffres déclarés)
- Le digestif touche 37 % des chevaux dans l'année selon la même enquête, le respiratoire 35 % et le dentaire 25 %
- Dans les sinistres enregistrés par Equidassur en 2024-2025, le locomoteur représente 38 % des dossiers contre 14 % pour la peau : fréquence et coût de prise en charge ne suivent pas le même classement
- Le RESPE publie des alertes sur les maladies respiratoires équines qui circulent, par maladie et par département
À retenir
- La peau est le problème le plus fréquemment déclaré par les propriétaires de chevaux dans l'année, suivie du locomoteur, puis du digestif, du respiratoire et du dentaire
- Un problème fréquent n'est pas toujours celui qui coûte le plus cher à traiter : le locomoteur pèse plus lourd dans les sinistres que la peau, alors qu'il est moins souvent déclaré
- Décrire précisément ce qu'on observe, depuis quand, où, à quel degré, aide le vétérinaire à orienter son examen
- Noter chaque épisode dans un carnet de santé permet de répondre, des mois plus tard, à des questions que la mémoire seule ne retient pas
Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Questions fréquentes
Quel est le problème de santé le plus fréquent chez le cheval ?
Selon le Baromètre Passion Cheval 2026 (Equidassur, enquête Hippolia Lab, 888 propriétaires, chiffres déclarés), 71 % des propriétaires déclarent au moins un épisode cutané dans l'année, ce qui en fait la famille de problèmes la plus citée, devant le locomoteur, le digestif, le respiratoire et le dentaire.
Une boiterie soudaine chez le cheval, est-ce grave ?
Selon l'IFCE, un abcès de pied est l'une des causes les plus fréquentes de boiterie soudaine et sévère. Seul un examen vétérinaire permet de confirmer la cause exacte et d'évaluer s'il s'agit d'un problème bénin ou d'un problème qui demande une prise en charge rapide.
Comment savoir si mon cheval a un vrai problème de peau ou une simple irritation ?
Un changement d'aspect du poil, une croûte ou une boursouflure qui ne disparaît pas en quelques jours méritent un avis vétérinaire : la peau du cheval réagit à des causes très différentes, et deux lésions qui se ressemblent peuvent avoir des origines opposées.
Pourquoi les problèmes de peau sont-ils les plus déclarés alors que le locomoteur pèse plus lourd chez l'assureur ?
Un problème de peau se règle souvent vite et à moindre coût, quand une boiterie ou un trouble digestif peut demander un suivi plus long. La fréquence d'un problème et son coût de prise en charge ne suivent donc pas le même classement.
Comment suivre dans le temps les problèmes de santé de mon cheval ?
Noter chaque épisode, sa date, la zone ou le membre concerné, ce qui a été observé, permet de répondre plus tard à des questions que la mémoire seule ne retient pas. Le carnet de santé d'Animal Place garde cet historique et se partage avec un vétérinaire par un code.
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