Gastroscopie du cheval : jeûne, sédation et déroulement de l'examen
par Animal Place · 28 août 2026
La gastroscopie est l'examen de référence pour observer l'intérieur de l'estomac du cheval. Voici comment elle se prépare, se déroule et se termine, du jeûne au réveil.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Ce que le jeûne avant l'examen implique concrètement, et pourquoi il ne se négocie pas
- ✓ Comment se déroule la sédation et le passage de l'endoscope, étape par étape
- ✓ Ce qui se passe après l'examen, et ce qui détermine le prix
- ✓ Comment trouver un vétérinaire équipé pour pratiquer une gastroscopie équine
La gastroscopie est souvent repoussée par méconnaissance : on imagine un acte lourd, alors qu'il s'agit d'un examen courant, réalisé debout, sous sédation légère. Ce qui inquiète le plus, en général, ce n'est pas l'examen lui-même mais tout ce qu'on ignore autour : combien de temps le cheval doit rester à jeun, ce que fait exactement le vétérinaire, et ce que ça va coûter.
Gastroscopie : voir l'estomac de l'intérieur
La gastroscopie consiste à introduire un endoscope, un tube souple équipé d'une caméra, par une narine du cheval, puis à le faire progresser le long de l'œsophage jusqu'à l'estomac. C'est aujourd'hui le seul moyen d'observer directement la muqueuse gastrique et de confirmer, ou d'écarter, la présence d'ulcères.
Aucun signe extérieur, même répété, ne permet à lui seul d'affirmer qu'un cheval a des ulcères. Une baisse d'appétit, un poil terne, un changement de comportement au travail, des coliques qui reviennent : ce sont des indices qui justifient d'en parler à un vétérinaire, pas un diagnostic. Seul l'examen visuel de l'estomac permet de trancher, et c'est aussi lui qui permet de savoir si un traitement en cours fonctionne réellement.
L'endoscope utilisé chez le cheval est nettement plus long que celui utilisé chez le chien ou le chat, pour la simple raison que la distance à parcourir jusqu'à l'estomac est elle-même beaucoup plus longue. Cet équipement spécifique explique pourquoi toutes les cliniques vétérinaires, même équines, n'en sont pas nécessairement dotées.
Jeûne : la préparation qui conditionne l'examen
Un estomac plein empêche une observation correcte de sa paroi : c'est la raison pour laquelle un jeûne alimentaire est systématiquement demandé avant l'examen. Concrètement, cela signifie qu'on retire le foin et les granulés au cheval un certain temps avant le rendez-vous, sur une durée fixée par le vétérinaire selon son propre protocole et l'horaire de l'examen.
L'accès à l'eau est lui aussi restreint dans les heures qui précèdent, pour la même raison : l'eau ingérée juste avant peut gêner la visualisation. Ce protocole exact, en revanche, varie d'une clinique à l'autre et dépend aussi de l'heure du rendez-vous : c'est le vétérinaire qui le communique, et il ne s'improvise pas la veille au soir.
Ce jeûne n'est pas qu'une contrainte de logistique. Un cheval qui a eu accès au foin dans les heures précédentes peut rendre l'examen incomplet, voire imposer de le reporter. Autant dire que le respecter à la lettre évite un déplacement pour rien.
Ce qu'il faut prévoir côté écurie
Si le cheval est en pension, prévenir la personne qui s'occupe de lui au quotidien est aussi important que de prévenir le vétérinaire. C'est souvent là que ça coince : un box mal identifié, un lot au pré qu'on ne peut pas isoler, ou un soigneur qui n'a pas eu l'information et redonne du foin par habitude. Le protocole de jeûne suppose que quelqu'un, sur place, sait qu'il doit être appliqué.
Déroulement : sédation, endoscope et ce que voit le vétérinaire
L'examen se fait cheval debout, dans un travail ou des barres de contention, sous sédation légère administrée par voie intraveineuse. Cette sédation a deux rôles : calmer le cheval pour qu'il tolère le passage de l'endoscope dans la narine, et détendre l'œsophage pour faciliter la progression du tube.
Une fois l'endoscope en place, le vétérinaire observe la muqueuse de l'estomac sur ses différentes zones, car les ulcères ne se logent pas tous au même endroit et n'ont pas tous la même signification selon leur localisation. Des photos sont généralement prises au fur et à mesure, ce qui permet ensuite de montrer précisément ce qui a été vu, et de comparer avec un examen antérieur si le cheval est suivi pour un traitement.
L'examen en lui-même est bref, de l'ordre de quelques dizaines de minutes en comptant la préparation et la sédation. Un cheval sédaté garde la tête basse, l'œil mi-clos, et peut légèrement chanceler : c'est un effet attendu de la sédation, pas un signe de malaise, et il se dissipe progressivement.
Après l'examen : réveil, résultats et suivi
Le cheval reste sous surveillance le temps que la sédation se dissipe complètement, généralement dans son box ou dans le travail où l'examen a eu lieu. Tant qu'il n'est pas totalement réveillé, il ne doit ni remanger, ni être ramené au pré, ni reprendre le travail : le vétérinaire donne le feu vert au moment où c'est possible, en général peu après la fin de l'examen.
Les résultats, eux, sont souvent commentés sur place, photos à l'appui. Si des ulcères sont identifiés, un traitement est prescrit par le vétérinaire, avec des indications propres au cheval examiné : ce n'est pas cet article qui peut s'y substituer. Il arrive qu'une seconde gastroscopie soit proposée en fin de traitement, pour vérifier que la muqueuse a bien cicatrisé plutôt que de se fier uniquement à l'amélioration du comportement, qui peut être trompeuse.
Coût : ce qui explique les écarts de prix
Le prix d'une gastroscopie équine varie sensiblement d'une clinique à l'autre, et aucun tarif de référence ne peut être annoncé ici : il dépend de l'équipement utilisé, du temps de vétérinaire mobilisé, de la sédation employée, et du déplacement si le vétérinaire vient sur place plutôt que de recevoir le cheval en clinique.
La meilleure façon de s'y retrouver reste de demander un devis directement à la clinique ou au vétérinaire équin consulté, en précisant si l'examen est fait pour une suspicion d'ulcère ou pour un contrôle de suivi : les deux ne mobilisent pas toujours le même temps.
Trouver un vétérinaire équipé pour cet examen
Toutes les cliniques équines ne pratiquent pas la gastroscopie sur place, faute d'endoscope adapté à la longueur nécessaire chez le cheval. Certains praticiens orientent donc vers un confrère ou une structure spécialisée, ce qui peut ajouter un délai si on ne le sait pas à l'avance.
Mieux vaut vérifier cet équipement avant de prendre rendez-vous plutôt que de le découvrir sur place, surtout si le cheval est déjà à jeun. L'annuaire de professionnels d'Animal Place permet de repérer les praticiens équins autour de chez soi, avec leurs coordonnées directes, pour poser la question avant de se déplacer.
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Un dossier de santé à jour aide aussi le jour de l'examen : antécédents digestifs, traitements en cours, dernière gastroscopie le cas échéant. Le vétérinaire qui découvre le cheval pour la première fois n'a souvent que ce que le propriétaire ou le détenteur peut lui rapporter de mémoire.
Saviez-vous ?
- La gastroscopie est le seul moyen de confirmer un ulcère gastrique : aucun signe extérieur ne suffit à lui seul.
- L'endoscope équin est nettement plus long que celui utilisé chez le chien ou le chat, ce qui limite le nombre de cliniques équipées.
- Le jeûne alimentaire n'est pas qu'une contrainte pratique : un estomac plein empêche une observation correcte de la muqueuse.
- Une seconde gastroscopie en fin de traitement permet de vérifier la cicatrisation, plutôt que de se fier à la seule amélioration du comportement.
À retenir
- Le jeûne avant l'examen suit un protocole donné par le vétérinaire, à respecter à la lettre.
- L'examen se fait cheval debout, sous sédation légère, sans chirurgie ni hospitalisation prolongée.
- Le prix varie selon la clinique et l'équipement : un devis se demande au cas par cas.
- Toutes les cliniques équines ne sont pas équipées : mieux vaut vérifier avant de prendre rendez-vous.
Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Questions fréquentes
À quel signe penser à demander une gastroscopie pour son cheval ?
Une baisse d'appétit, un amaigrissement, un poil terne, un changement de comportement au travail ou des coliques qui reviennent sont des signes qui justifient d'en parler à un vétérinaire. Ce sont des indices, pas un diagnostic : seul l'examen de l'estomac permet de confirmer ou d'écarter un ulcère, et c'est le vétérinaire qui jugera si une gastroscopie est indiquée.
Le cheval doit-il être hospitalisé pour une gastroscopie ?
Non, dans la grande majorité des cas l'examen se fait en ambulatoire : le cheval repart le jour même, une fois la sédation totalement dissipée. Une hospitalisation peut être envisagée dans des situations particulières, mais ce n'est pas le cas de figure habituel.
Peut-on donner à boire au cheval juste avant l'examen ?
L'accès à l'eau est en général restreint dans les heures qui précèdent la gastroscopie, au même titre que l'alimentation solide, car cela peut gêner l'observation de l'estomac. Le protocole exact, avec les horaires précis, est communiqué par le vétérinaire avant le rendez-vous.
Combien de temps après l'examen le cheval peut-il remanger ?
Le cheval doit attendre d'être totalement réveillé de la sédation avant de remanger, de retourner au pré ou de reprendre le travail. C'est le vétérinaire présent qui donne le feu vert, une fois qu'il constate que les effets de la sédation ont disparu.
Faut-il refaire une gastroscopie après un traitement pour ulcères ?
C'est fréquemment recommandé, pour vérifier que la muqueuse a bien cicatrisé plutôt que de se fier uniquement à l'amélioration du comportement, qui peut être trompeuse. La décision de refaire ou non l'examen revient au vétérinaire qui suit le traitement.
Tous les vétérinaires équins peuvent-ils faire une gastroscopie ?
Non : cet examen demande un endoscope suffisamment long pour atteindre l'estomac du cheval, un équipement que toutes les cliniques n'ont pas. Il est donc utile de vérifier cet équipement avant de prendre rendez-vous, ou de passer par un annuaire de professionnels pour identifier une structure équipée près de chez soi.