Donner sa tortue ou son reptile : ce que dit la loi

par Elsa Carrette Elsa Carrette · Animal Place · 28 septembre 2026

Donner sa tortue ou son reptile : ce que dit la loi

Céder une tortue ou un reptile obéit à des règles précises : ce qui est interdit, ce qui demande une attestation, et les refuges spécialisés à contacter.

Pourquoi lire cet article ?

  • ✓ Savoir ce qui est interdit quand on ne peut plus garder une tortue ou un reptile
  • ✓ Comprendre quand une attestation de cession est obligatoire, et dans quel délai
  • ✓ Connaître le cas particulier de la tortue de Floride
  • ✓ Trouver des refuges spécialisés et un vétérinaire compétent

Relâcher : une interdiction qui ne connaît pas d'exception

Beaucoup de propriétaires pensent bien faire en remettant leur tortue ou leur reptile dans la nature, pour lui « rendre sa liberté ». C'est pourtant l'option la plus risquée sur le plan légal. Le code de l'environnement interdit d'introduire dans le milieu naturel une espèce non indigène qui figure sur la liste fixée par arrêté (article L411-5). En clair : relâcher une tortue de Floride, un pogona ou un serpent qui n'est pas originaire de France dans un jardin, un étang ou une forêt est un acte encadré, pas un geste anodin.

La sanction prévue à l'article L415-3 du même code va jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende. Autrement dit : plus l'animal a de chances de s'installer et de se reproduire dans le milieu naturel, plus la loi encadre strictement ce geste.

Céder sans relâcher : ce que retient le code pénal

Ne pas relâcher son animal ne suffit pas à être en règle. Un reptile qui ne trouve pas de repreneur ne peut pas non plus rester sur place sans soins, ou être laissé dehors : l'article 521-1 du code pénal retient le délit d'abandon d'un animal tenu en captivité, quel que soit le motif invoqué. Autrement dit : entre relâcher et laisser sur place, aucune des deux options n'est légale.

La voie qui reste ouverte, et qui est la seule légale, est une cession organisée : à un particulier en mesure de s'en occuper, à une association ou à un refuge spécialisé.

Attestation de cession : à qui elle s'impose

Pour une espèce protégée, ou qui relève de l'annexe 2 de l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles de détention des animaux d'espèces non domestiques, le cédant et le cessionnaire (celui qui donne l'animal, celui qui le reçoit) établissent ensemble une attestation de cession.

Depuis le 10 septembre 2025, l'article 10 de ce texte impose de transmettre cette attestation au fichier national sous huit jours, quand l'animal est identifié, c'est-à-dire porteur d'une marque ou d'une puce. Toutes les espèces de reptiles ne sont pas concernées de la même façon : la classification exacte se vérifie espèce par espèce, dans l'arrêté ou auprès d'un vétérinaire compétent en reptiles, avant toute cession.

Reprendre un reptile : déclaration ou certificat de capacité

Le futur propriétaire a, lui aussi, une obligation qui dépend de l'espèce reprise. Selon les cas, il doit déclarer sa détention avant l'acquisition, ou détenir un certificat de capacité. Cette règle protège autant l'animal que le cédant : elle évite qu'un reptile change de mains vers quelqu'un qui n'a pas le droit de le détenir.

Là encore, aucune espèce ne se classe de tête. Le statut exact, détention libre, déclaration ou certificat de capacité, se vérifie dans l'arrêté du 8 octobre 2018, ou en posant la question à un vétérinaire compétent en reptiles avant de finaliser la cession.

Tortue de Floride : un cas où céder n'est pas une option

La tortue de Floride, la plus répandue en terrarium en France, est classée espèce exotique envahissante par le règlement européen (UE) n° 1143/2014. Concrètement, cela signifie qu'elle ne peut légalement ni se vendre ni se céder, même gratuitement et même à un particulier de bonne volonté.

Pour un propriétaire qui ne peut plus la garder, la seule voie reste un refuge habilité à l'accueillir, ou un contact avec les services compétents en la matière. Une petite annonce, même désintéressée, ne met personne en règle.

Refuges spécialisés : vers qui se tourner

Plusieurs structures françaises accueillent des tortues et des reptiles quand leur propriétaire ne peut plus les garder, et elles vivent en grande partie de la générosité de leurs soutiens : le Refuge des Écailles, en Isère, Zanndoli, à Rennes, SOS P'tites Bêtes, à Étampes, ou la SOPTOM, spécialisée dans les tortues.

Les contacter avant toute décision permet de savoir si elles peuvent accueillir l'espèce concernée, et à quelles conditions : ces structures fonctionnent souvent à capacité limitée, et toutes ne sont pas toujours en activité. Vérifier qu'un refuge existe encore avant de s'y déplacer reste une précaution simple et utile.

Que le repreneur soit un particulier, une association ou un refuge, un dossier de soins à jour facilite la prise en charge de l'animal : les visites, les traitements, les rendez-vous pris chez un vétérinaire compétent en reptiles. Le carnet de santé d'Animal Place centralise cet historique et se transmet avec l'animal.

L'app qui vous aide à tout garder prêt

Carnet de santé, urgences, prestations — gratuite.

Télécharger l'app

Trouver un vétérinaire compétent en reptiles près de chez soi, avant même d'envisager une cession, permet de faire vérifier l'état de santé de l'animal et d'obtenir un avis sur les démarches à suivre.

Saviez-vous ?

  • Relâcher une espèce non indigène listée par arrêté dans la nature est interdit (article L411-5 du code de l'environnement), avec une sanction qui va jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende (article L415-3).
  • L'abandon d'un animal tenu en captivité est un délit dans tous les cas, même sans le relâcher (article 521-1 du code pénal).
  • Pour une espèce protégée, l'attestation de cession doit être transmise au fichier national sous huit jours quand l'animal est identifié.
  • La tortue de Floride est classée espèce exotique envahissante par un règlement européen : elle ne peut légalement ni se vendre ni se céder.

À retenir

  • Relâcher un reptile dans la nature est interdit, quelle que soit l'espèce concernée.
  • Céder son reptile reste possible, mais peut être encadré par une attestation de cession et par les obligations du repreneur.
  • La tortue de Floride ne se vend ni ne se cède : elle relève d'un autre circuit, celui des refuges habilités.
  • Un vétérinaire compétent en reptiles ou un refuge spécialisé peut orienter dans les cas les plus complexes.

Bon à savoir Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Peut-on relâcher sa tortue ou son reptile dans la nature ?

Non. Relâcher une espèce non indigène qui figure sur la liste fixée par arrêté est interdit par l'article L411-5 du code de l'environnement, avec une sanction qui va jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende (article L415-3). Cette interdiction vaut même pour une tortue devenue trop grande pour son terrarium.

Oui, céder un reptile est possible et reste la voie légale face à un relâcher ou à un abandon, tous deux interdits. Selon l'espèce, la cession peut demander une attestation signée par le cédant et le cessionnaire, transmise au fichier national sous huit jours quand l'animal est identifié.

Que faire d'une tortue de Floride qu'on ne peut plus garder ?

Elle ne peut légalement ni se vendre ni se céder : c'est une espèce exotique envahissante au sens du règlement européen (UE) n° 1143/2014. La solution passe par un refuge habilité à l'accueillir, pas par une petite annonce.

Faut-il un certificat de capacité pour reprendre un reptile ?

Cela dépend de l'espèce. Selon les cas, le repreneur doit déclarer sa détention avant l'acquisition, ou détenir un certificat de capacité. Le statut exact se vérifie dans l'arrêté du 8 octobre 2018, ou auprès d'un vétérinaire compétent en reptiles.

Combien de temps a-t-on pour transmettre une attestation de cession ?

Quand l'animal est identifié et que l'espèce relève de l'annexe 2 de l'arrêté du 8 octobre 2018, l'attestation de cession doit être transmise au fichier national sous huit jours, depuis l'entrée en vigueur de cette version du texte le 10 septembre 2025.

Quels refuges accueillent les reptiles et les tortues en France ?

Plusieurs structures spécialisées existent, comme le Refuge des Écailles en Isère, Zanndoli à Rennes, SOS P'tites Bêtes à Étampes ou la SOPTOM. Elles fonctionnent souvent à capacité limitée : les contacter avant toute décision permet de savoir si elles peuvent accueillir l'espèce concernée.

À lire également