Animal interdit en location ou en copropriété : que dit vraiment la loi ?
par Animal Place · 5 septembre 2026
Un bail ou un règlement de copropriété qui interdit un chat est le plus souvent sans valeur légale : ce que protège la loi, et ce qu'elle ne couvre pas.
Pourquoi lire cet article ?
- ✓ Ce que dit précisément la loi sur la détention d'un chat dans un logement loué
- ✓ Pourquoi un règlement de copropriété ne peut, en principe, pas interdire un chat dans un lot privé
- ✓ Ce qu'un propriétaire ou un syndic peut malgré tout exiger
- ✓ Vers qui se tourner face à une clause précise, sans attendre une réponse toute faite
Bon à savoir
Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.
Location : ce que la loi impose, quelle que soit la clause du bail
Un bail d'habitation qui comporte la mention « animaux interdits » est une scène courante, et elle inquiète souvent avant même la signature. La loi n° 70-598 du 9 juillet 1970 pose pourtant un principe net, à son article 10 : toute clause qui tend à interdire la détention d'un animal familier dans un logement loué est réputée non écrite.
Cette protection est soumise à une seule vraie condition : que l'animal ne cause ni dégât à l'immeuble ni trouble de jouissance aux autres occupants. Deux exceptions existent, et elles sont précises. Les chiens de première catégorie, considérés comme dangereux, peuvent être exclus par une clause valable. Et depuis une loi de 2012, les locations saisonnières en meublé de tourisme peuvent elles aussi interdire un animal, contrairement à un bail d'habitation classique.
En dehors de ces deux cas, une clause interdisant un chat dans un bail d'habitation standard ne produit aucun effet, même si elle figure noir sur blanc dans le contrat signé.
« Réputée non écrite » : ce que cela change, et ce que cela ne change pas
C'est le point le plus mal compris de cette protection, et il mérite d'être dit sans détour : une clause « réputée non écrite » n'est pas effacée du bail comme par magie. La jurisprudence considère qu'une telle clause continue formellement de s'appliquer tant qu'un juge ne l'a pas déclarée non écrite.
Concrètement, cela veut dire que le locataire a le droit pour lui, mais que le faire valoir face à un propriétaire ou un syndic qui insiste peut, dans les situations les plus tendues, demander d'abord une démarche amiable, puis si besoin une décision de justice. La plupart des situations se règlent bien avant d'en arriver là, mais mieux vaut connaître cette nuance avant d'affirmer à un bailleur que la clause « n'existe pas ».
Copropriété : ce que le règlement peut encadrer, ce qu'il ne peut pas interdire
Le règlement de copropriété distingue les parties privatives, à l'intérieur du logement, et les parties communes, partagées avec les autres occupants de l'immeuble. Cette distinction change tout.
Sur les parties communes, un règlement peut légitimement imposer des règles d'usage : transporter le chat en cage ou en sac fermé dans les couloirs et l'ascenseur, tenir un chien en laisse dans le hall, ou limiter le nombre d'animaux présents en même temps dans un espace partagé. Ces règles sont valables, parce qu'elles encadrent un usage sans interdire une détention.
Sur ce qui se passe à l'intérieur du lot privé, en revanche, la jurisprudence a étendu le même principe aux règlements de copropriété : une clause qui interdit de façon générale la détention d'un chat dans un logement, y compris pour un copropriétaire qui l'occupe lui-même, se heurte au même texte qu'un bail.
Un dépôt de garantie plus élevé pour un animal ? Non
Une idée circule souvent à l'oral, entre futurs locataires : celle d'un dépôt de garantie majoré parce qu'un chat va vivre dans le logement. Rien dans les textes qui encadrent la location ne prévoit une telle majoration : le montant du dépôt de garantie est fixé par la loi, indépendamment de la présence ou non d'un animal.
Un propriétaire reste en droit, à l'état des lieux de sortie, de facturer une dégradation réellement constatée : griffures profondes sur une porte, moquette abîmée, odeurs persistantes. Mais cela se juge sur ce qui est observé au départ, jamais sur un supplément décidé à l'avance parce qu'un chat vit dans les lieux.
Ce que la loi ne protège pas
Cette protection porte sur les « animaux familiers », c'est-à-dire les animaux de compagnie ordinaires comme le chat ou le chien. Elle ne dispense pas d'un usage raisonnable du logement : miaulements répétés qui dérangent le voisinage, dégradations réelles, odeurs qui persistent au-delà de ce qui est normal restent des motifs recevables, exactement comme pour n'importe quel autre trouble de jouissance.
Elle ne s'applique pas non plus aux chiens de première catégorie, ni aux locations saisonnières en meublé de tourisme : deux exceptions précises et limitées, pas une porte ouverte à toute clause restrictive.
Face à une clause qui inquiète, la bonne démarche avant tout conseil personnalisé
Recevoir un bail avec une clause d'interdiction, ou lire un règlement de copropriété formulé en termes généraux, donne rarement envie d'attendre pour vérifier. C'est une situation vécue par beaucoup de locataires avec un chat : la clause est là, noir sur blanc, et personne autour ne sait vraiment si elle s'applique à sa propre situation.
La première chose à faire n'est pas de discuter avec le propriétaire sur la base d'une conviction, mais de rassembler ce qui documente la situation : le bail signé, le règlement de copropriété s'il y a lieu, et, côté chat, un dossier de santé à jour. Un chat correctement suivi, vacciné et identifié, avec un historique complet à présenter en cas de question posée par un syndic ou un voisin, change souvent le ton d'un échange qui aurait pu mal commencer.
L'app qui vous aide à tout garder prêt
Carnet de santé, urgences, prestations — gratuite.
Ce carnet ne modifie en rien le droit applicable au bail ou à la copropriété, mais il permet de répondre rapidement si une question porte sur le suivi de l'animal, et de conserver une trace utile en cas de déménagement, de vente du logement ou de changement de bailleur.
Pour une clause précise qui semble abusive, ou un désaccord qui s'installe malgré tout, une agence départementale d'information sur le logement ou un professionnel du droit du logement donnent une réponse adaptée à la situation exacte, ce qu'aucun article général ne peut remplacer.
Saviez-vous ?
- La loi du 9 juillet 1970 protège la détention d'un chat dans un logement loué, quelle que soit la clause écrite dans le bail.
- La jurisprudence a étendu cette même protection aux règlements de copropriété, pas seulement aux baux.
- Seuls les chiens de première catégorie et les locations saisonnières en meublé de tourisme sont exclus de cette protection.
- Une clause « réputée non écrite » continue formellement d'exister tant qu'un juge ne l'a pas annulée.
À retenir
- Une clause de bail ou de règlement de copropriété interdisant un chat est réputée non écrite, sauf pour les chiens de première catégorie et les meublés de tourisme saisonniers.
- Le règlement de copropriété peut encadrer la circulation d'un animal dans les parties communes, pas interdire sa détention dans un lot privé sans motif réel.
- Les nuisances et les dégradations réelles restent des motifs recevables, indépendamment du droit de détenir l'animal.
- Face à une clause précise ou un désaccord persistant, un professionnel du droit du logement donne une réponse fiable, adaptée à la situation.
Questions fréquentes
Un propriétaire peut-il refuser de me louer son appartement parce que j'ai un chat ?
Avant la signature du bail, un propriétaire choisit librement parmi les candidats et n'a pas à motiver son choix. Une fois le bail signé, en revanche, une clause qui interdirait la détention d'un chat serait réputée non écrite : il ne pourrait ni exiger son départ ni refuser le renouvellement sur ce seul motif.
Le règlement de copropriété peut-il m'interdire d'avoir un chat dans mon appartement ?
En principe non, pour un lot privé : la jurisprudence a étendu à la copropriété le même principe que pour un bail. Le règlement reste en revanche valable pour encadrer l'usage des parties communes, comme le transport en cage dans les couloirs ou l'ascenseur.
Que se passe-t-il si mon bail contient une clause d'interdiction et que le propriétaire l'invoque quand même ?
Une clause « réputée non écrite » n'est pas effacée automatiquement du bail : elle continue formellement d'exister tant qu'un juge ne l'a pas annulée. En cas de désaccord persistant, une démarche amiable, puis un professionnel du droit du logement, permettent de faire reconnaître ce droit.
Un chien de première catégorie est-il concerné par cette protection ?
Non. La loi du 9 juillet 1970 exclut explicitement les chiens de première catégorie, considérés comme dangereux : une clause de bail ou de règlement de copropriété qui les interdit reste valable.
Cette loi protège-t-elle aussi les locations saisonnières en meublé de tourisme ?
Non, depuis une modification de 2012. Un contrat de location saisonnière en meublé de tourisme peut valablement comporter une clause interdisant un animal, contrairement à un bail d'habitation classique.