Cheval au pré en hiver : ce que la ration doit compenser

par Animal Place · 5 septembre 2026

Cheval au pré en hiver : ce que la ration doit compenser

En hiver, l'herbe ralentit puis s'arrête, mais elle continue d'apparaître au pré. Ce que la ration doit alors compenser, et comment le vérifier vous-même, sans matériel de ferme.

Pourquoi lire cet article ?

  • ✓ Pourquoi l'herbe d'un pré ne suffit plus dès que le froid s'installe
  • ✓ Ce que le foin doit compenser, et selon quel repère de base
  • ✓ Comment peser ce que vous distribuez déjà, sans matériel de ferme
  • ✓ Pourquoi le même repère ne vaut pas pour tous les chevaux

Herbe : ce qui change avec le froid

Un pré d'hiver garde son vert plus longtemps qu'on ne le croit, mais ce vert ne nourrit presque plus. La pousse de l'herbe ralentit avec le froid, et sa valeur énergétique baisse à mesure que la plante entre en dormance. Un cheval qui broute au pré tout l'hiver continue donc de mâcher, mais ce qu'il ingère ne couvre plus ses besoins comme au printemps.

Le froid, de son côté, augmente ce que le cheval doit dépenser pour maintenir sa température corporelle. La ration doit donc compenser deux choses à la fois : une herbe qui donne moins, et un besoin qui grandit. C'est cet écart, pas l'apparence du pré, qui détermine s'il faut ajouter du foin.

Fourrage : ce que la ration doit compenser

Le repère de base retenu en alimentation équine est qu'un cheval consomme, chaque jour, l'équivalent d'environ 1,5 à 2 % de son poids vif en matière sèche. Pour un cheval de 500 kg, cela situe l'ordre de grandeur du besoin quotidien en fourrage, herbe et foin compris.

Quand l'herbe du pré ne fournit plus qu'une petite partie de ce total, c'est le foin qui doit combler l'écart, et non un aliment concentré distribué au jugé. Le foin reste la base de la ration hivernale ; les compléments ou aliments plus riches ne s'ajoutent qu'en fonction de l'état du cheval, jamais à sa place.

Cette règle donne un ordre de grandeur, pas une prescription individuelle. Le gabarit, l'âge et le niveau d'activité du cheval font varier ce dont il a réellement besoin, comme la section suivante le détaille.

Peser : la méthode qui remplace l'à-peu-près

Selon les enquêtes menées par l'IFCE auprès des détenteurs d'équidés, c'est le propriétaire qui fixe lui-même la ration de fourrage dans plus de trois cas sur quatre, loin devant le vétérinaire ou un professionnel de la nutrition. Mais plus d'un propriétaire sur quatre ne sait pas quelle quantité il distribue réellement, et près de neuf hébergeurs sur dix n'ont jamais fait analyser leur foin ni leurs sols.

Autrement dit : la plupart des chevaux sont nourris par une personne qui décide seule, sans savoir précisément ce qu'elle donne. Ce n'est pas un manque de sérieux, c'est un manque de repère.

La méthode qui corrige cela tient en un geste : peser. Une brouettée de foin, une fois, sur un pèse-personne ou un peson de voyage. Ce chiffre, rapporté au nombre de brouettées distribuées dans la journée, donne enfin ce que « à volonté » ou « une bonne brassée » veulent dire chez vous. Sans cette pesée, deux propriétaires qui pensent donner la même quantité peuvent distribuer un foin du simple au double.

Une fois ce repère posé, la quantité se suit dans le temps comme n'importe quelle autre mesure : on la note, on la compare, on l'ajuste si le poids du cheval ou la météo change.

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Votre cheval : le repère ne vaut que pour lui

L'ordre de grandeur donné plus haut est un point de départ, pas une réponse universelle. Un cheval de club au repos l'hiver, un cheval de sport maintenu en activité et un poney d'un tout autre gabarit n'ont pas les mêmes besoins, même s'ils vivent au même pré.

Trois éléments à regarder avant d'ajuster une ration : le poids et le gabarit du cheval, son âge (un cheval âgé digère parfois moins bien un foin grossier), et son niveau d'activité (un cheval encore monté régulièrement dépense davantage qu'un cheval au repos complet). L'état corporel du cheval, la facilité avec laquelle on sent ses côtes sous la main sans les voir, reste l'indicateur le plus simple à suivre au fil des semaines, en complément du poids.

Consigner ces observations, la quantité pesée, le poids du cheval relevé régulièrement, l'état corporel noté chaque mois, évite de se fier uniquement à la mémoire d'une saison à l'autre. Le journal de vie de l'application Animal Place sert exactement cela : garder une trace datée plutôt qu'une impression.

Eau et minéraux : l'autre moitié de l'hiver

Un cheval boit moins volontiers une eau très froide, ce qui peut réduire sa consommation d'eau au moment même où une ration plus sèche en demande davantage. Vérifier que l'eau n'est pas gelée, et qu'elle reste accessible plusieurs fois par jour, fait autant partie de la ration hivernale que le foin lui-même.

Un bloc de sel ou de minéraux à disposition permanente complète ce dispositif, sans remplacer ni l'eau ni le fourrage. Aucun de ces éléments ne se substitue à l'autre : ils s'additionnent.

Vétérinaire : quand demander un avis

Ajuster une ration au jugé convient pour un cheval en bon état, sans antécédent particulier. Une perte de poids visible malgré une ration jugée suffisante, un changement brutal d'appétit, ou un cheval âgé qui peine à mastiquer le foin justifient en revanche un avis vétérinaire ou une consultation auprès d'un professionnel de la nutrition équine.

Le repère et la pesée décrits ici aident à décrire précisément ce qui a changé, mais ils ne remplacent pas l'examen d'un professionnel : ils lui donnent une évolution chiffrée plutôt qu'une impression du jour de la visite.

Saviez-vous ?

  • Un cheval consomme environ 1,5 à 2 % de son poids vif en matière sèche chaque jour, herbe et foin compris
  • Plus d'un propriétaire sur quatre ne sait pas quelle quantité de fourrage il distribue réellement
  • Près de neuf hébergeurs sur dix n'ont jamais fait analyser leur foin ni leurs sols

À retenir

  • L'herbe d'un pré d'hiver continue d'exister, mais elle ne couvre plus les besoins comme au printemps
  • Le foin est la base de la ration hivernale ; les compléments s'ajoutent, ils ne remplacent pas
  • Peser une brouettée une fois donne un repère fiable pour toute la saison
  • Poids, gabarit, âge et activité font varier ce repère pour chaque cheval
  • Une perte de poids ou un changement d'appétit justifient un avis vétérinaire

Bon à savoir

Cet article a une visée informative et de prévention. Il ne remplace en aucun cas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Faut-il donner du foin à un cheval qui a encore de l'herbe au pré en hiver ?

Oui, le plus souvent. La présence d'herbe verte ne veut pas dire qu'elle nourrit encore : sa croissance ralentit avec le froid et sa valeur énergétique baisse. Un cheval qui broute toute la journée peut donc ingérer beaucoup d'herbe sans couvrir ses besoins, ce que seul un ajout de foin permet de compenser.

Comment savoir si mon cheval reçoit assez de foin ?

Le repère le plus fiable reste de peser une fois la quantité distribuée, par exemple une brouettée sur un pèse-personne, puis de la rapporter au nombre de distributions dans la journée. Comparé au repère d'environ 1,5 à 2 % du poids vif du cheval en matière sèche par jour, cela donne une base concrète plutôt qu'une impression.

Un cheval au repos l'hiver a-t-il besoin d'autant de foin qu'un cheval encore monté ?

Pas nécessairement de la même quantité, mais tous deux ont besoin d'un fourrage suffisant pour couvrir la baisse de valeur de l'herbe. Le niveau d'activité, l'âge et le gabarit du cheval font varier le besoin exact : c'est pourquoi le repère de base sert de point de départ, pas de règle unique.

L'eau gelée peut-elle vraiment poser problème en hiver ?

Oui. Un cheval boit moins volontiers une eau très froide ou partiellement gelée, alors qu'une ration plus sèche en hiver augmente ses besoins en eau. Vérifier plusieurs fois par jour que l'eau reste accessible et non gelée fait partie de la ration hivernale au même titre que le foin.

Une perte de poids en hiver justifie-t-elle toujours un avis vétérinaire ?

Une perte de poids visible malgré une ration jugée suffisante mérite un avis vétérinaire ou une consultation en nutrition équine, car elle peut avoir plusieurs origines. Noter la quantité distribuée et le poids du cheval dans le temps aide le professionnel à situer le problème plus vite.